Le Stade Toulousain de nouveau dans la tourmente autour du salary-cap
Le Stade Toulousain se retrouve au centre d’une polémique liée au respect du salary-cap. Cette fois, les contrats d’image d’Antoine Dupont et d’Anthony Jelonch, ainsi que la récente communication du club, suscitent de nombreuses interrogations, comme le souligne L’Équipe.
Une sanction confirmée malgré les démentis initiaux
Dans un premier temps, le club avait « formellement » contesté les accusations. Mais il a finalement publié un communiqué visant à clarifier la situation « dans un souci de transparence ». Les faits essentiels, eux, ne sont pas remis en cause : pour la saison 2021-2022, le Stade Toulousain a bel et bien engagé une procédure de médiation avec la Ligue Nationale de Rugby (LNR) concernant le contrat d’image d’Antoine Dupont avec la société 3S-Alyzia.
Cette médiation s’est conclue par le paiement d’une amende d’environ 200 000 euros, actant une infraction au salary-cap. Ce précédent s’inscrit dans une série de sanctions visant le club, après les dossiers Cheslin Kolbe puis Pacific-Heart – Jaminet.
Le club insiste dans son communiqué sur le fait que « le salary-cap manager était parfaitement informé de l’existence et du montant du contrat concerné ». Il précise également que « le différend ne portait nullement sur une prétendue dissimulation, mais sur une question d’interprétation : la qualification juridique de la société 3S-Alyzia au regard du règlement de la LNR (partie associée ou non associée) ».
Cependant, le paiement d’une amende à l’issue d’une médiation constitue en soi une reconnaissance d’un manquement. Le club aurait pu arrêter cette procédure et saisir la commission de discipline de la LNR, mais il ne l’a pas fait.
Le dossier Jelonch ravive les doutes
Au-delà du cas Dupont, les relations entre le Stade Toulousain et 3S-Alyzia soulèvent aussi des questions concernant Anthony Jelonch. Selon les informations disponibles, la société aurait repris à son compte un engagement de complément de rémunération initialement promis par le club, via un contrat d’ambassadeur.
Des échanges dès décembre 2021 auraient impliqué le président Didier Lacroix, l’avocate de 3S-Alyzia et l’agent du joueur. Ce contrat prévoit une rémunération de 170 000 euros à partir de janvier 2022. Il semble prolonger un acte sous seing privé signé en juin 2021, par lequel le Stade Toulousain s’engageait à garantir au joueur un revenu complémentaire sur plusieurs saisons, voire à le verser lui-même en cas d’absence de partenaire.
La question centrale reste : cet engagement a-t-il été porté à la connaissance du salary-cap manager et déclaré dans le plafond réglementaire ?
Le salary-cap au cœur d’un bras de fer juridique
Dans son communiqué, le Stade Toulousain dénonce certaines critiques « inexactement » rapportées à son encontre. Le club affirme qu’il n’a « jamais remis en cause le principe du salary-cap » et rappelle que « le plafonnement des rémunérations versées par les clubs à leurs joueurs est légitime et nécessaire ».
Pourtant, sa volonté affichée d’exclure du salary-cap les sommes versées par des parties dites associées — sponsors, prestataires ou fournisseurs — apparaît comme une remise en cause structurelle du dispositif. Or, ces mécanismes périphériques sont précisément au cœur des méthodes de contournement pénalisées ces dernières années.
À mesure que les révélations s’accumulent, les dossiers Dupont et Jelonch dépassent le cadre individuel. Ils posent une problématique plus vaste : celle de la régulation effective et de l’équité financière dans le rugby professionnel français.
Un enjeu crucial dont les prochaines décisions pourraient faire jurisprudence.







