L’agence LaFrenchCom critique la stratégie judiciaire du Stade Toulousain face aux accusations de contournement du Salary Cap
Florian Silnicki, expert en communication de crise et fondateur de l’agence LaFrenchCom, livre une analyse cinglante de la réponse du Stade Toulousain au journal L’Équipe, suite aux accusations de contournement du Salary Cap. Plutôt que d’apaiser la controverse, le club toulousain a choisi de porter plainte pour diffamation, une démarche, selon lui, « clairement pas la bonne méthode ».
Selon Florian Silnicki, « dans toute crise, il existe un moment charnière. Celui où l’organisation peut encore choisir le terrain sur lequel elle veut se battre. Dans l’affaire dite ‘Dupont-Jelonch’, le Stade Toulousain a fait un choix clair : annoncer par communiqué de presse une plainte pour diffamation contre L’Équipe. Une erreur aussi stupéfiante qu’élémentaire. »
Pour l’expert, cette démarche révèle plusieurs « erreurs stratégiques » qui ne font qu’aggraver la situation. La première est celle du cadrage : « En annonçant une plainte, le débat bascule instantanément. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce qui est exact ou non, mais de savoir pourquoi un club attaque un média. Le centre de gravité change. L’histoire devient institution contre presse. » Or, ce repositionnement dans l’opinion publique suscite un « soupçon immédiat », perçu comme une volonté de pression plutôt que de transparence.
Ensuite, la plainte est aussi une erreur narrative. Elle est perçue comme un acte offensif, même si elle se présente comme une défense. Florian Silnicki souligne : « Dans l’économie contemporaine de l’attention, une phrase courte l’emporte sur tout argumentaire juridique : ‘ils attaquent le journal’. Ce raccourci est puissant, émotionnel, viral. Il simplifie un dossier complexe en un affrontement symbolique. Or une crise symbolique est toujours plus difficile à maîtriser qu’une crise factuelle. »
Le temps joue également contre le Stade Toulousain. « Le temps judiciaire est long, technique, silencieux. Le temps médiatique est immédiat, interprétatif, commenté en continu. En judiciarisant, les communicants enferment leur organisation dans une parole contrainte », souligne Silnicki. Résultat : l’annonce de la plainte alimente un nouvel épisode médiatique au lieu de clore le débat.
L’expert évoque aussi « l’asymétrie du risque » : si la plainte échoue, l’impact est désastreux. Si elle aboutit, la décision arrivera trop tard pour inverser l’opinion publique déjà figée. Il insiste enfin sur la dimension relationnelle : « Une organisation sportive de premier plan ne parle pas seulement à un média. Elle parle à ses supporters, ses partenaires, ses joueurs, ses licenciés. Or, en choisissant l’affrontement judiciaire public, elle envoie un signal de tension. La sortie de crise repose au contraire sur la pédagogie, la démonstration et la transparence perçue. »
Florian Silnicki conclut : « La plainte ne devrait jamais devenir l’axe narratif principal. En communication de crise, l’objectif n’est pas de contraindre, mais de convaincre. La démonstration rassure ; la procédure crispe. L’argument éclaire ; l’attaque polarise. »
Fondée en 2010, LaFrenchCom accompagne depuis plus d’une décennie les grandes organisations dans la gestion de leurs crises d’image et de réputation, mêlant expertise juridique et stratégique pour éviter que les polémiques ne dégénèrent.







