L’ancien pilier du Rugby Club Toulonnais et du Racing 92, Martin Castrogiovanni, revient sur l’épisode qui a marqué la fin de sa carrière en France. Dans un entretien exclusif accordé au journal L’Équipe, l’international italien se livre en détail sur son licenciement controversé par le Racing 92 en 2016 pour « faute grave ».
Le joueur avait été sanctionné après une escapade à Las Vegas, réalisée sans en informer ses dirigeants. « Je vais vous raconter la vraie histoire. Lorsque vous arrivez à la fin de votre carrière, parfois les gens sont contents de vous, parfois non. Je pense que le Racing ne l’était pas. Ils ne me faisaient plus jouer. Ils m’ont pris plusieurs fois dans le groupe juste pour être 25e ou 26e homme. J’aurais pu comprendre si on m’avait expliqué que c’était pour le bien de l’équipe. C’est dur quand les entraîneurs essaient de te détruire émotionnellement. On m’a manqué de respect. Pour la demi-finale de Coupe d’Europe à Leicester (en avril 2016), mon ancienne équipe, je devais encore faire uniquement l’échauffement puis m’asseoir dans les tribunes. J’en ai eu marre. Je ne voulais pas y aller », confie Castrogiovanni.
Face à ces conditions difficiles, le pilier admet avoir commis une erreur : « J’ai fait une erreur, bien sûr. J’ai menti. J’ai dit que ma grand-mère était en train de mourir et que je voulais aller la voir en Argentine. Mais le club m’a dit non. Je devais donc bien faire le déplacement avec l’équipe même s’ils essayaient encore de m’humilier. J’étais si malheureux. Puis le matin du départ, je me suis réveillé avec un problème sanguin au pied, une de mes veines était bloquée. Le docteur m’a dit que je ne pouvais pas jouer. J’étais donc libre de faire ce que je voulais pendant quatre jours. Puis les dirigeants du Racing ont vu les photos de moi à Las Vegas, alors qu’ils pensaient que j’étais parti voir ma grand-mère. Ils m’ont viré pour faute grave car ils ont dit que j’avais raté trois entraînements qui étaient prévus selon eux. Ce qui était faux. »
Cette escapade fut immortalisée sur les réseaux sociaux par une photo où l’on aperçoit Castrogiovanni torse nu aux côtés du footballeur Zlatan Ibrahimovic, un cliché qui a rapidement fait le buzz et nuit davantage à son image.
L’ancien joueur reconnaît avoir caché la vérité, mais déplore l’image qui en a été donnée : « Tout le monde se demandait ce que je faisais là. La photo est drôle, mais pas du tout pour moi, car c’est la seule chose dont les gens se souviennent à mon sujet. Ils ont totalement oublié les titres que j’ai gagnés avec Leicester et Toulon. Ça me fait mal parce que la vérité n’est pas celle qui a été écrite dans les journaux. Encore une fois, j’avais le droit de faire ce que je voulais ce week-end-là, vu que je ne pouvais pas jouer. Y compris de prendre l’avion, comme m’avait confirmé le médecin, à condition de prendre un traitement. »
Il ajoute : « Mon erreur a été de dire que je partais en Argentine. J’en ai payé le prix. J’ai dû arrêter le rugby à cause de ça. Je ne pleure pas sur mon sort, mais le Racing a menti et les gens ne le savent pas. C’est tout ce que je dis. J’ai demandé à retourner au club pour pouvoir présenter mes excuses au groupe, même si j’étais viré. Mais ils ne m’ont pas autorisé à le faire. Je n’accepte pas la manière dont j’ai été traité. Je n’ai pas pu donner ma version des faits. Et c’est la seule chose que je regrette de mon séjour en France. »
Ce témoignage éclaire d’un jour nouveau la fin de parcours d’un joueur emblématique, victime selon lui d’un traitement et d’un dénouement injustes.







