Théo Attissogbe : « Je sais où je veux aller »
L’ailier du XV de France, Théo Attissogbe, s’est confié dans les colonnes de Midi Olympique à l’issue de la victoire des Bleus contre l’Italie. Malgré l’euphorie, le joueur a souligné qu’aucun mot n’avait encore été prononcé sur un éventuel Grand Chelem.
« Non pas encore, nous voulions vraiment célébrer les capes de Gaël et Thomas. Tout le monde était vraiment très heureux pour eux. On ne s’est pas projeté sur la suite, mais c’est sûr que petit à petit, je pense que la possibilité de réaliser le grand chelem va nourrir nos conversations, mais elle va aussi être de plus en plus présente dans les médias. Maintenant, on va rester dans notre bulle. On sait que le prochain match en Écosse sera très important. »
Plébiscité pour ses débuts remarqués dans le Tournoi des Six Nations, Théo Attissogbe garde la tête froide.
« Ça fait partie du jeu, dans un sens comme dans l’autre. Je ne me prends pas la tête. Je prends les choses telles qu’elles viennent. Ma priorité, c’est d’être performant sur le terrain. Le reste, ça va vite. Donc, ce n’est pas quelque chose qui me perturbe ou qui me fascine particulièrement. »
L’ancien Palois met en avant le plaisir comme source de sa motivation :
« Je ne me pose pas de questions par rapport à ça. J’essaie de vivre les moments que je vis pleinement et de me régaler dès que j’ai l’occasion d’être sur le terrain. Le plaisir est vraiment mon moteur et c’est ce que j’ai ressenti lors des trois dernières semaines en équipe de France. Je pense d’ailleurs que cette notion de plaisir est partagée par l’ensemble du groupe et c’est une des raisons pour laquelle nous arrivons à pratiquer un si beau jeu depuis le début de la compétition. »
Attissogbe valorise également l’encadrement dont il bénéficie, notamment grâce à son manager Sébastien Piqueronies :
« Sébastien Piqueronies est quelqu’un qui nous accompagne très bien, que ce soit autour des sélections ou même autour de notre saison et de nos performances. Il a toujours un regard neutre et bienveillant, donc je sais que quand il me dit des choses, c’est plutôt à prendre dans le bon sens. Et je pense que sur ce point-là, en tout cas, en tant que joueur de la Section paloise, on a de la chance de l’avoir à nos côtés parce qu’il a toujours de bonnes paroles et de bons conseils. Attention, quand je dis ça, ce n’est pas que des compliments. Mais sa connaissance du système fédéral et son passé dans la formation des jeunes sont forcément un avantage pour nous. »
L’ailier évoque également la complicité grandissante avec ses coéquipiers Thomas Ramos et Louis Bielle-Biarrey, développée au fil des entraînements et des matchs :
« Forcément, à force de passer du temps ensemble, que ce soit lors des entraînements ou sur les matchs, il y a des petits automatismes qui se créent, des petits liens, des petites facilités. Donc, c’est sûr que j’ai l’impression que de semaine en semaine, ça évolue. Après, encore une fois, quand tu joues avec ces joueurs, c’est aussi plus facile de créer ce genre de relations. »
Il confie que sa relation avec Louis Bielle-Biarrey est relativement récente :
« Nous avions connu une sélection ensemble avec les U20 en Irlande lors du Tournoi 2023. Nous avions d’ailleurs perdu ce match. Il jouait à l’arrière et moi à l’aile. Nous n’avions passé qu’une semaine ensemble. J’avais plus côtoyé Nicolas Depoortere chez les jeunes. Mais on se connaissait un peu puisque nous n’avons qu’un an d’écart. Après, on s’entend très bien, que ce soit sur ou en dehors du terrain. C’est toujours agréable de partager des moments avec lui. »
Parallèlement, Attissogbe reste à l’écoute du staff tricolore pour progresser constamment :
« J’ai des discussions de temps en temps, que ce soit avec Fabien Galthié, avec Patrick Arlettaz ou les autres membres du staff. Donc, je sais forcément ce qu’ils attendent de moi. Je peux en discuter aussi avec Sébastien Piqueronies. Je suis sur mon chemin, je sais où je veux aller, j’ai envie de progresser dans beaucoup de secteurs de mon jeu. Je sais que ça pourra m’aider et ça pourra me permettre aussi de prendre beaucoup de plaisir sur le terrain. Je suis très motivé et tous les jours j’essaie de m’entraîner pour essayer de progresser dans tous les domaines. »
Enfin, il savoure l’opportunité donnée par ce Tournoi 2026 de découvrir des stades emblématiques :
« C’est particulier effectivement. J’ai aussi découvert le stade de Lille. Quand j’étais petit, le Principality Stadium m’impressionnait car il était couvert et c’était une nouveauté. Le pays de Galles vivait aussi de grandes années avec Cuthbert, North, Biggar, Halfpenny… C’était impressionnant. Pouvoir y jouer maintenant avec le maillot bleu, c’est forcément spécial. »
Attissogbe confie ses rituels avant les matchs, mêlant découverte et concentration :
« J’essaie d’évacuer le stress la veille des matchs. Lors de la mise en place, j’aime bien tout regarder, m’imprégner un peu du stade, avoir cet effet waouh, comme on dit, de découverte la veille. Comme ça, le jour du match, je suis complètement focus sur la mission que j’ai à accomplir. Mais on va dire que cette veille de match, ça apporte aussi cette touche de légèreté. Et moi, j’aime bien pouvoir découvrir un peu les lieux, les vestiaires, le stade. Au Principality ou à Lille, cela m’a aussi permis d’appréhender les éclairages puisque ce sont des stades couverts. C’est hyper intéressant et c’est un équilibre que j’aime bien. »







