Philippe Saint-André dresse un bilan lucide après la défaite du XV de France contre l’Écosse
L’ancien sélectionneur du XV de France, Philippe Saint-André, s’est livré à Midi Libre à propos de la lourde défaite des Bleus face à l’Écosse le week-end dernier.
« Je savais que ce match allait être compliqué. Même si les Écossais avaient perdu contre l’Italie (18-15), ils avaient fait un super match contre l’Angleterre (31-20). La province de Glasgow marche du tonnerre en coupe d’Europe. Et cette équipe, quand elle met la main sur le ballon, elle met des rafales en permanence, enchantant Murrayfield et faisant tourner les décisions de l’arbitre de leur côté. Néanmoins, je ne les attendais pas aussi bons, aussi percutants. Ils ont gagné les duels, les combats aériens. Ils ont été rapides dans les rucks et bons en mêlée », explique-t-il.
Malgré ce revers, Saint-André refuse de tirer des conclusions trop sévères : « L’Écosse avait annoncé qu’elle priverait l’équipe de France de munitions. Son jeu au pied a été cohérent. Pour l’avoir vécu en tant que joueur, quand tu les prends dans la gueule, tu subis, t’es sur les talons, tu prends des cartons… Je ne serai pas aussi dur que certains dans les enseignements. Il ne faut pas oublier que les Bleus ont eu la force d’aller chercher un point de bonus offensif, qui peut leur permettre de gagner un deuxième Tournoi. Après, c’est vrai que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas encaissé sept essais. On avait l’habitude de voir une défense française hyper en place. Et eux, ils ont réussi à se faire énormément de passes avec beaucoup d’intensité et de vitesse. »
L’ancien coach pointe cependant plusieurs failles françaises : « Après avoir gagné le Tournoi l’an dernier, tu te disais que tu pouvais t’offrir un Grand Chelem. Samedi, on n’a jamais vu un Antoine Dupont autant en difficulté sur ce match. Devant, on n’a pas été dominant en mêlée. En touche, on n’a pas volé un ballon. Il va falloir voir comment ce groupe réagit contre l’Angleterre, comment il va imposer son jeu. Là, pendant soixante minutes, on a été becté comme on a jamais été becté par l’Écosse. »
Sur l’avenir du sélectionneur Fabien Galthié, Saint-André se veut rassurant : « Non. Il est dans le dernier sprint avant la Coupe du monde en Australie en 2027, c’est son deuxième mandat… Après, il est vrai qu’on ne s’attendait pas à ce que cette équipe de France composée d’autant de talents, se fasse bouger sur le déplacement et la vitesse d’exécution des Écossais, loin de la domination physique de l’Afrique du Sud, par exemple. Le coach de la défense a beaucoup de travail cette semaine. »
Enfin, il évoque déjà le prochain rendez-vous face à l’Angleterre : « Il y aura des ajustements dans l’équipe, notamment en deuxième ligne ou au poste de pilier droit. Sinon, je ne pense pas que Fabien change 80 % de son groupe. On reste une grande équipe avec de grands joueurs, qui a la possibilité de gagner deux Tournois d’affilée. En moyenne, des Grand Chelem, tu en gagnes tous les onze ans, il ne faut pas l’oublier. »







