L’ombre d’Antoine Dupont est immense, mais Baptiste Serin parvient à y faire briller sa propre lumière. Depuis le début du Tournoi des Six Nations, le demi de mêlée toulonnais s’impose comme un atout dynamiteur du XV de France, même avec un temps de jeu limité.
Samedi dernier à Murrayfield, alors que les Bleus vacillaient face à l’Écosse, l’entrée de Serin à la 69e minute a été un véritable électrochoc. En à peine onze minutes, le Varois a pesé sur les trois essais tricolores, offrant notamment le bonus offensif à Thomas Ramos.
Pour Guy Accoceberry, ancien international, ce succès provient avant tout de son état d’esprit. Dans les colonnes du Figaro, il explique : « Il amène beaucoup d’enthousiasme, comme s’il vivait ses premières sélections. Il ne se pose pas de questions, prend le jeu à son compte quand il entre et essaye de faire briller l’équipe. »
Cette capacité à réveiller un collectif parfois engourdi pose la question de son utilisation par Fabien Galthié. Si Antoine Dupont demeure capitaine et titulaire indiscutable, ses difficultés physiques récentes, survenues après quatre mois d’absence, suggèrent qu’une rotation pourrait être envisagée plus tôt. « Ça aurait peut-être été mieux de sortir Dupont un peu plus tôt, pour le protéger, sachant qu’il n’est pas encore au top physiquement », estime Accoceberry.
À 31 ans, Baptiste Serin vit comme une renaissance son retour en équipe de France, lui qui avait disparu du Tournoi des Six Nations depuis trois ans. Si sa place est liée à la blessure de Maxime Lucu en début d’année, il a transformé ce rôle de doublure en une véritable opportunité de prendre du plaisir.
Pierre Berbizier salue cette posture : « On l’a vu lors de son entrée en jeu samedi dernier, il se prépare à toute éventualité pour offrir la bonne réponse au staff. Il semble profiter de chaque minute qui lui est offerte et c’est une bonne démarche. »
De son côté, Serin ne cache pas sa joie de retrouver le groupe tricolore : « J’ai l’impression de faire partie des nouveaux capés dans le sens où, tout ce qu’on me donne, je le prends avec beaucoup de plaisir. »
Reparti sur le banc pour affronter l’Angleterre ce samedi soir (21h10), Serin aura l’occasion de confirmer ses qualités lors d’un Crunch décisif. Sa personnalité affirmée et son refus de rester dans l’ombre de Dupont sont désormais des atouts précieux pour le staff.
Concernant l’avenir et la Coupe du monde 2027, le Toulonnais se veut prudent : « Je préfère profiter du moment que je suis en train de vivre. […] J’ai déjà disputé une Coupe du monde (2019), une autre où je suis resté à quai (2023), je suis bien placé pour savoir que ça peut aller très vite dans un sens comme dans l’autre. Pour l’instant, je vais me concentrer sur ce qui arrive plutôt que de faire des plans sur la comète. Ce qui se passe aujourd’hui est, pour moi, peu révélateur de ce qui peut se passer dans plusieurs mois. »







