Matthieu Jalibert se libère enfin avec le XV de France
L’ouvreur international français Matthieu Jalibert s’est confié longuement dans les colonnes de L’Équipe, évoquant ses difficultés passées, ses progrès et ses ambitions avec les Bleus.
Le joueur reconnaît avoir traversé des périodes compliquées, marquées par des échecs personnels : “C’est compliqué à dire. C’est à l’image de ma carrière, et de tout ce que je fais depuis que je joue au rugby. J’ai parfois des échecs, j’ai parfois été triste, mais je n’ai jamais rien lâché. J’ai fait preuve d’abnégation et, parfois, le destin te redonne une chance. Je voulais la saisir à fond, juste être moi-même.” Jalibert explique avoir longtemps souffert de ne pas exprimer pleinement son jeu sous le maillot bleu : “J’en avais marre de porter le maillot bleu et de rentrer chez moi en me disant que je n’avais pas joué mon jeu. Je voulais qu’on voie le vrai Matthieu sur le terrain et m’épanouir pleinement au sein du collectif.”
Selon lui, le récent Tournoi des 6 Nations a marqué un tournant : “Je pense ! En tout cas, moi, j’ai pris beaucoup de plaisir. Quand je joue relâché, que je suis bien dans ma tête, je sais de quoi je suis capable. J’ai la chance de jouer comme à Bordeaux, avec de grands joueurs, qui nous mettent dans l’avancée, qui nous permettent d’avoir des ballons rapides et fluides.” Il ajoute que l’évolution du système de jeu en attaque lui a offert de meilleures conditions pour s’exprimer, tant collectivement qu’individuellement.
La complicité avec Antoine Dupont et Thomas Ramos a aussi été déterminante pour son épanouissement : “On est trois joueurs qui aimons le jeu de mouvement, la prise d’initiative. On parle le même rugby, donc ça n’a pas été compliqué de se trouver. Avec Thomas, il y a eu une bonne permutation, ce qui lui a permis de prendre un peu le rôle de numéro 10 et, à moi, d’utiliser les espaces extérieurs. On a pris beaucoup de plaisir et ça s’est vu sur le terrain, il y avait une bonne entente. On s’est tous mis au service du collectif, avec nos qualités et nos défauts.”
Jalibert confie n’avoir jamais ressenti autant de satisfaction sur un terrain avec Dupont et Ramos : “C’est plus un déclic que j’ai eu dans ma tête. Avec Antoine et Thomas, j’ai déjà joué pas mal de matches, mais ça ne s’était pas forcément passé comme ça. Je me suis remis en question par rapport à ce que je pouvais apporter, les points sur lesquels on m’attendait. Une fois que je suis bien dans ma tête et dans mon corps, ça se fait naturellement. J’ai arrêté de me prendre la tête, j’ai juste voulu jouer mon jeu.”
Son travail en défense, longtemps pointé du doigt, progresse nettement grâce à l’aide d’Aurélien Cologni, entraîneur adjoint à l’UBB : “C’est un travail que j’effectue depuis un an et demi, avec Aurélien Cologni. Je le remercie pour ça, je me sens beaucoup mieux dans ce secteur-là, mais il fallait que je le confirme au niveau international. Tout n’a pas encore été parfait mais, dans l’envie que j’y ai mis, j’ai montré une meilleure image. Je sais que je suis énormément attendu là-dessus, on ne me loupe pas, donc je suis content d’avoir répondu positivement, même si on peut toujours faire mieux.”
Regardant vers l’avenir, Jalibert prépare déjà la Coupe du monde 2027 : “On se prépare aussi en vue de la Coupe du monde 2027, c’était à ça que faisait référence Thomas. On sait, pour l’avoir vécu en France, à quel point c’est dur. Tous les matches sont raides, c’est parfois plus difficile pour l’attaque de marquer des points… Ce sont des matches avec énormément de tension et, si on prend 50 points par match, ça veut dire qu’il faudra en marquer au moins 51 pour gagner… Et c’est toujours plus compliqué.” Il insiste sur la nécessité d’améliorer la régularité défensive et la discipline : “Il faut qu’on arrive à être beaucoup plus réguliers et cohérents sur notre défense et sur notre discipline, choses qu’on a réussies à faire sur nos trois premiers matches. Les deux derniers donnent un goût amer par rapport à ça. Mais c’est bien, ça nous donne une marge de progression et de travail en vue des futures échéances.”
Enfin, l’international confirme son désir de poursuivre sur sa lancée avec le XV de France : “Ce que je veux, c’est jouer avec l’équipe de France. J’espère vous dire qu’on sera en finale en Top 14, mais je ne peux pas le savoir. Les saisons sont longues, on est cramés physiquement, on a besoin de récupérer. On verra comment ça va se passer en club sur la fin de saison, mais si j’ai l’opportunité d’y aller, c’est avec grand plaisir.”
Matthieu Jalibert semble plus vivant que jamais, prêt à s’imposer comme un pilier incontournable des Bleus dans les années à venir.







