Cinq jours après la victoire héroïque du XV de France contre l’Angleterre (48-46), Fabien Galthié a ouvert une fenêtre sur son quotidien avec une rare intensité dans les colonnes de Midi Olympique, n’hésitant pas à tacler la presse nationale.
L’entretien commence dans un quartier parisien, juste après que le sélectionneur a achevé ses deux kilomètres de natation quotidiens. Le hasard veut que Didier Bourdon, comédien et ancien rugbyman, vienne le féliciter : « Bravo, mais on a eu peur », lui dit-il, révélant au passage avoir partagé les terrains avec Serge Blanco en catégorie poussin à Biarritz.
Face à la ferveur ambiante, Galthié reste stoïque, notamment lors de la pénalité victorieuse de Thomas Ramos, un calme qu’il assume pleinement. Mais lorsqu’il aborde le traitement médiatique du Tournoi des Six Nations, son ton change. Il déplore à mots à peine voilés le « manque de respect » des journalistes français, pointant leur obsession pour le Grand Chelem : « Vous l’avez même fait avant le début de la compétition. Les médias Anglo-saxons sont bien plus positifs que vous », fulmine-t-il.
Loin des micros et des interviews convenues, Galthié se révèle passionné lorsqu’il bascule sur la technique. Téléphone et ordinateur à la main, il dissèque avec précision l’essai de Louis Bielle-Biarrey et cette dernière action « totalement folle » qui a offert la victoire à la France. À ce moment précis, le technicien reprend le dessus sur la figure publique, et le plaisir transparaît dans son regard.
Déjà tourné vers l’avenir, le sélectionneur affiche une impatience palpable à l’idée du nouveau Championnat des Nations cet été, qui confronta les Bleus aux All Blacks, aux Wallabies et au Japon. « C’est formidable », s’enthousiasme-t-il, tout en restant réaliste sur les défis physiques à venir : « Ce sera encore très fatigant avec des décalages horaires différents, des climats différents… »
Alors que son téléphone sonne, Fabien Galthié s’éclipse, déjà concentré sur sa prochaine mission. Si le XV de France est aujourd’hui champion, pour son architecte, le travail ne fait que commencer.
L’interview complète de Fabien Galthié est à retrouver dans Midi Olympique.







