Neuf ans après les faits à Bordeaux, l’affaire de viol en réunion impliquant d’anciens joueurs du FC Grenoble Rugby ouvre un nouveau chapitre judiciaire. Ce mercredi 25 mars, le procès en appel de Denis Coulson, Loïck James et Rory Grice débute devant la cour d’assises de la Charente, dans un climat de tension palpable.
Les faits remontent à la nuit du 11 au 12 mars 2017. Après une défaite face à l’UBB, une étudiante de 20 ans, devenue depuis magistrate, avait suivi les joueurs en discothèque avant de se réveiller dans leur hôtel, traumatisée et sans souvenirs clairs, mais avec des violences gynécologiques confirmées par des examens médicaux. En première instance, en décembre 2024, les peines prononcées allaient de 12 à 14 ans de réclusion criminelle pour les trois principaux accusés.
La victime reste « toujours marquée » par ce traumatisme. Comme lors du premier procès, les débats se dérouleront à huis clos à la demande des parties civiles. Malgré les années écoulées, son état psychologique reste fragile. « Neuf ans après les faits », elle « n’a toujours pas fait le deuil de ce qu’il s’est passé », a déclaré Me Grégoire Mouly, l’un de ses avocats. Les experts psychiatriques ont relevé chez elle un « état dissociatif » lors de la soirée, une analyse contestée par la défense qui s’appuie sur une vidéo tournée pendant les faits pour plaider le consentement.
Les versions des faits opposent farouchement les parties. Les trois anciens rugbymen maintiennent que la jeune femme était consentante, sans signe de contrainte. Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, juge la peine initiale « déraisonnable et excessive » pour un homme qu’elle considère non dangereux.
De son côté, l’accusation insiste sur la gravité des violences, notamment l’introduction d’objets, qualifiant ces actes qui « peuvent presque s’apparenter à des actes de torture », selon Me Gaessy Gros. Ces éléments confortent la qualification de viol en réunion. Le verdict du procès en appel est attendu pour le 3 avril prochain.







