À 31 ans, Gaël Fickou vit une étape décisive de sa carrière. Pour la première fois, le centre du Racing 92 a manqué l’intégralité du Tournoi des 6 Nations, une expérience nouvelle pour ce joueur habitué aux sélections internationales.
Entre son désir ardent de revenir en équipe de France et les ambitions élevées du Racing 92, son club, le capitaine francilien s’est confié sans filtre à Midi Olympique avant d’affronter une équipe de Pau qu’il qualifie de « très compétitive » et redoutable sous les ballons hauts.
### L’objectif Top 14 : briller loin de ses bases
Le Racing 92 affiche une grande maîtrise à domicile, mais rencontre des difficultés lors de ses déplacements. Face à la Section Paloise, Gaël Fickou tire le bilan sans ambiguïté : « À domicile, on est assez redoutables jusqu’à présent, mais c’est à l’extérieur qu’on pêche un peu. On doit absolument aller chercher une grosse victoire à l’extérieur. » Avec seulement trois matches à l’extérieur avant les phases finales, chaque point gagné sera crucial dans un Top 14 qu’il annonce particulièrement serré jusqu’au bout.
### L’absence chez les Bleus : une explication constructive
Rater un Tournoi des 6 Nations en entier ? Une première dans la carrière du joueur aux 90 sélections. Il confirme : « Oui, c’est la première fois que je rate le Tournoi de A à Z. Cela m’était déjà arrivé de manquer des débuts ou des fins à cause de blessures ou de choix, mais jamais entièrement. C’est différent, mais c’est sûr qu’on préfère y être. Honnêtement, quand j’ai commencé, il y avait Mermoz, Bastareaud, Fofana, Vakatawa… Il y a toujours eu de la concurrence. Pendant une grande partie de ma carrière, j’ai été un joueur cadre, mais aujourd’hui les cartes sont rebattues. »
Le centre explique que cette rivalité est saine et nourrissante : « Il y a des jeunes qui poussent et qui sont très performants. C’est bien que tout le monde puisse se challenger, cela me pousse à être meilleur. J’ai toujours eu de la concurrence, que ce soit à Toulouse avec Yann David, au Stade français avec Jonathan Danty, ou ici au Racing 92 avec Henry Chavancy et d’autres. C’est le jeu, certains jouent plus, d’autres un peu moins, mais c’est normal. »
Loin de nourrir de l’amertume, il révèle avoir compris la décision de son sélectionneur : « On a eu une bonne discussion avec Fabien Galthié. Il m’a expliqué sa décision […] et je l’ai comprise. » Pendant cette indisponibilité, Fickou a mis à profit ce temps pour se ressourcer physiquement et concentrer ses forces sur son club.
### Face à la « nouvelle génération » de centres
Conscient de l’évolution du rugby, Gaël Fickou sait que la jeune génération monte en puissance, préparée de plus en plus tôt au haut niveau. « Aujourd’hui, les cartes sont rebattues. Il y a des jeunes qui poussent et qui sont très performants. »
Pourtant, l’ex-meneur de jeu ne se sent pas distancé. Bien au contraire, cette concurrence semble le stimuler : « Rien n’est définitif. À moi de montrer que j’ai encore ma place. C’est la loi de ce sport. »
Pour Fickou, le retour en équipe de France passera par des performances XXL à Pau et lors du sprint final du Top 14. Le défi est lancé.







