L’ancien ouvreur du Rugby Club Toulonnais, Jonny Wilkinson, s’est livré dans une interview accordée au journal *Le Figaro* au sujet du Tournoi des Six-Nations et de l’actualité internationale du rugby.
L’ancien champion britannique confie avoir pris beaucoup de plaisir à suivre cette édition du Tournoi. « C’était magnifique. Heureusement, j’étais chanceux d’être consultant pour la chaîne de télévision ITV. J’étais à chaque match de l’équipe d’Angleterre et j’ai vu que chaque expérience était énormément intéressante, importante et un peu étonnante. Avec, à la fin, un match incroyable pour le rugby. »
Wilkinson revient ensuite sur l’ultime pénalité réussie par Thomas Ramos, qui a offert la victoire à la France face au XV de la Rose. « Il y a eu un vrai silence pour la dernière pénalité de Thomas Ramos quand il allait taper le ballon. (Il se prend la tête dans les mains) J’avais un genou au sol… Même si j’ai vécu des moments comme ça, être sur le terrain, c’était terrible. Je me disais : comment il peut le faire ? Et voilà, il a donné un exemple de quelque chose d’extraordinaire. »
Reconnaissant la pression insoutenable d’un tel geste, Wilkinson souligne que « taper une pénalité dans ces conditions n’est jamais quelque chose de confortable. On n’est jamais à l’aise dans ces situations, mais c’est pour ça que tu es là. C’est pour ce moment-là que tu t’es entraîné pendant des heures. Quand tu n’es pas en confiance, tu as envie de te cacher. Mais quand tu vois quelqu’un comme ça, il veut le ballon. Il dit à l’arbitre : « C’est là la pénalité ? OK, pas de problème, donne-moi le ballon ! » Être en tribune, c’est horrible. Et être Anglais, c’était encore pire, parce que tu sais qu’il va la mettre. »
Interrogé sur l’état actuel de l’équipe d’Angleterre et son sélectionneur Steve Borthwick, Wilkinson estime que le défi principal reste de maintenir un haut niveau de performance et d’intensité quel que soit le contexte. « Je pense que ça n’a rien à voir avec ce que je pense des managers, tout le monde est dans la même situation : avec l’Angleterre, la clé est de pouvoir trouver ce niveau de performance et cette intensité, quelle que soit la situation. Peut-être que le match contre l’Afrique du Sud cet été servira de révélateur. La question va donc être : à l’entraînement, tous les jours, comment trouver cette énergie ? C’est un énorme défi. Je suis sûr qu’ils y travaillent, c’est excitant de suivre tout ça ! »
Enfin, Jonny Wilkinson s’est exprimé au sujet de la nouvelle compétition du Championnat des Nations, qui débutera cet été. Il y voit une opportunité de dynamiser le calendrier international. « C’est intéressant. Je n’ai pas trop réfléchi au sujet, mais ça peut donner une dynamique intéressante. En ce moment, la dynamique est un peu coupée en deux : les tests internationaux en automne et les tournées en été. C’est la fin de leur saison et le début de la nôtre, c’est un peu déconnecté. Ça peut donner quelque chose d’autre chose. On l’a vu avec les équipes sud-africaines dans les compétitions européennes (URC et Champions Cup, NDLR), ça apporte une autre dynamique. »
Il ajoute : « Avoir l’Afrique du Sud contre l’Angleterre en juin ou juillet, ça peut être intéressant. Moi, pendant ma carrière, je n’ai pas beaucoup joué contre la Nouvelle-Zélande ou l’Afrique du Sud. Mais contre l’Argentine, très peu, seulement trois fois. Alors avoir plus de matchs contre ces équipes, dans une dynamique connectée, ça peut être intéressant. Après cela dépend aussi des joueurs, parce que les saisons sont longues. Il faut bien gérer. On verra cet été. »







