Le talonneur de Montpellier, Christopher Tolofua, se distingue dans le Top 14 avec six essais inscrits depuis le début de la phase retour, faisant de lui le meilleur marqueur sur cette période. Dans une interview accordée à Midi Olympique, il revient sur cette performance et souligne l’importance du collectif.
« J’avoue que ce sont des choses que je ne regarde pas forcément, mais c’est sympa de le savoir. Après, j’aimerais bien planter des essais comme Jiuta. Pour moi, ça a de la valeur de marquer derrière un ballon porté, mais des essais de 80 mètres, c’est plus spectaculaire quand même (sourire). »
Tolofua explique que ses réalisations sont étroitement liées à la forme et à la qualité du pack montpelliérain. « Je pars du principe que cette stat’ est un peu révélatrice de l’état de forme actuelle de nos avants. Je fais un gros « big up » à Flo Verhaeghe qui en ce moment est en feu dans tous les secteurs confondus, notamment la touche. Je trouve vraiment qu’on a des avants qui bossent très bien. Un talonneur qui marque beaucoup sur ballons portés, cela reflète une équipe avec des avants en forme et en confiance. C’est vrai que j’ai beaucoup marqué, mais c’est quand même très souvent après un groupé pénétrant, à me cacher et à conduire le camion. »
Si ces performances individuelles ravissent Tolofua, leur valeur reste subordonnée aux résultats collectifs. « C’est sûr que ça fait plaisir. Mais c’est le classement de l’équipe qui m’importe le plus. Mes essais, personnellement, je n’y fais pas forcément attention. Néanmoins, marquer, ça apporte une certaine joie au quotidien. Ça prouve aussi qu’on est inscrit dans le projet. Donc individuellement, ça aide à garder cette confiance. »
Le talonneur met en lumière la complexité et la rigueur nécessaires pour bâtir des ballons portés efficaces et destructeurs. « C’est toute une expertise et une construction. Il faut avoir l’effectif puis essayer de trouver le bon équilibre entre chaque élément et l’idéologie d’un entraîneur pour avoir un ballon porté solide. Je pense surtout que c’est la structure de base qui détermine tout. C’est vrai que c’est facile de dire qu’on marque sur les ballons portés. Mais quand on a un Tyler Duguid ou un Bastien Chalureau en deuxième ligne qui font le taf en tête de pont, c’est vraiment plus facile d’avancer ! Ce n’est pas le talonneur qui se cache et qui marque, c’est plutôt le résultat des mecs qui abattent un travail colossal devant. Donc je leur tire mon chapeau parce qu’à tous les matchs, c’est malgré tout un « crash test » à chaque descente de touche et on ne les voit pas souvent se plaindre ! »
Pour conclure, il souligne la place centrale de cette arme dans la dynamique du MHR : « Aujourd’hui, on a acquis une certaine confiance en nous sur les ballons portés et je pense que nous sommes redoutés. Montpellier a toujours été une équipe assez forte et crainte sur les groupés pénétrants, donc c’est important de s’appuyer dessus. Nous aussi, quand on regarde le classement des équipes qui marquent le plus sur ballon porté (le MHR avec 13 réalisations est 2e derrière Pau et ses 15), on fait la même analyse et on essaie de trouver des solutions dans la semaine et même un peu avant. »
Il rappelle enfin que ce succès est le fruit d’un travail minutieux et d’une analyse constante : « Parce que ce n’est pas le travail d’un week-end, c’est vraiment celui de toute une saison d’analyser les comportements des uns et des autres. Dans tous les clubs de Top 14, il y a des analystes vidéo qui font des découpages, qui travaillent jour et nuit sur ça. Je pense qu’il est important de valoriser leur boulot à travers nos performances. On a des joueurs qui viennent très tôt le matin pour faire des réunions afin d’établir des stratégies en fonction des équipes qu’on va rencontrer. »







