Le conflit judiciaire entre l’Aviron Bayonnais et son ancien team manager, Mathieu Nimis, connaît un nouveau rebondissement. Après une première décision favorable au club rendue par le conseil des prud’hommes de Bayonne le 6 mars dernier, l’ex-salarié a fait appel devant la cour d’appel de Pau, contestant vigoureusement les motifs de son licenciement.
En première instance, le licenciement pour « faute grave » a été validé. Le conseil des prud’hommes considère que la rupture du contrat en juin 2023, après quinze années au club, est justifiée. L’employeur reproche notamment à Mathieu Nimis d’avoir diffusé des « contenus dégradants et sexistes visant deux collègues » et d’avoir sollicité de manière « abusive » des places pour les matchs. Ces faits, qualifiés de « gravité suffisante » et reposant sur des « éléments objectifs », ont conduit à la sanction disciplinaire.
De son côté, Mathieu Nimis rejette fermement cette analyse. Son avocate, Me Maider Etcheverry, demande « un examen au fond du dossier », estimant que les arguments de son client ont été ignorés : « Au vu du jugement, nous nous demandons si notre dossier a seulement été ouvert », dénonce-t-elle dans Sud-Ouest. La défense maintient ses accusations de « harcèlement moral », en s’appuyant sur une dégradation de la santé de M. Nimis, une thèse rejetée par les prud’hommes qui considèrent cette altération « postérieure au licenciement ».
La bataille judiciaire s’étend également à l’éthique. Me Etcheverry remet en cause « la validité du jugement » en soulevant des doutes sur l’impartialité d’un membre du conseil des prud’hommes. Ce conseiller, qui dirigerait des entreprises liées par une « relation de partenariat » avec la SASP Aviron Bayonnais Rugby Pro, pourrait avoir compromis l’équité de la décision.
Par ailleurs, cette affaire se décline sur plusieurs fronts. Sur le plan social, un litige oppose le club et Mathieu Nimis devant le tribunal judiciaire, le club contestant la reconnaissance d’une « maladie professionnelle » (syndrome dépressif) accordée par la CPAM. Sur le plan pénal, l’ancien team manager a déposé plainte pour harcèlement et « tentative d’extorsion ». Il accuse le club d’avoir essayé d’obtenir le retrait de son recours judiciaire en échange du maintien de son droit au logement.
En attendant que le parquet de Bayonne se prononce sur les suites à donner à cette plainte, l’affaire continue de secouer les coulisses du club basque, révélant une crise profonde qui dépasse le simple cadre d’un conflit salarial.







