Le procès en appel des anciens joueurs du FC Grenoble se poursuit devant la Cour d’assises de la Charente, à Angoulême. Entrée dans sa deuxième semaine, cette audience met face à face les anciens rugbymen Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice, condamnés en première instance à Bordeaux en décembre 2024 pour viol en réunion et actuellement incarcérés, avec la justice et les témoignages clés de la soirée du 11 au 12 mars 2017. Parmi les témoins entendus lundi figure l’ancien international australien Peter Kimlin, dont les déclarations sont au cœur des débats.
Un des points cruciaux du procès est l’évaluation de l’état de conscience de la plaignante lors des faits. La défense insiste pour prouver que la jeune femme était lucide, consciente de ses actes. Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, détaille : « Nous avons entendu notamment Peter Kimlin qui était dans le taxi avec Denis Coulson et la plaignante quand ils se sont rendus à l’hôtel de Mérignac. »
Peter Kimlin et son compatriote Dayna Edwards, présents cette nuit-là mais non poursuivis, ont été auditionnés par visioconférence. Le récit de Kimlin, notamment sur le trajet en taxi, apporte des éléments décisifs selon la défense. Celle-ci rapporte : « Peter Kimlin a expliqué que dans le taxi, la plaignante avait pratiqué une fellation à mon client et qu’ils sont sortis ensemble du véhicule, qu’elle a eu du mal à marcher au début et qu’elle a ensuite regagné sa chambre en marchant normalement. »
La vidéo de surveillance de l’établissement fait également l’objet d’un examen minutieux. La séquence montrant la plaignante tituber à sa descente du taxi est au centre du débat. Corinne Dreyfus-Schmidt relativise cet état apparent de désorientation en s’appuyant sur les témoignages. « Ce qui est important de comprendre, c’est que la séquence de la vidéo où on la voit sortant du taxi en titubant, n’est qu’un moment unique. Elle n’est pas dans cet état tout au long de son retour vers sa chambre. Elle a titubé car elle a dormi dans le taxi, elle ne sait plus où elle est, elle est désorientée. Mais ensuite, elle remarche à peu près normalement. »
L’avocate conteste également une perte d’équilibre présumée dès la discothèque : « On la voit clairement solide sur ses jambes, on la voit tirer vigoureusement Peter Kimlin par le bras. Cette idée est démentie par les images. »
Alors que la bataille judiciaire se poursuit à Angoulême, la vérité sur cette nuit de mars 2017 reste au cœur des débats. En première instance, les peines avaient été sévères : 14 ans de réclusion pour Loïck Jammes, et 12 ans pour Denis Coulson et Rory Grice.







