Vendredi dernier, un journaliste couvrant la victoire du Biarritz Olympique contre Aurillac a été agressé dans les tribunes du Stade Jean Alric par des supporters aurillacois.
Selon les témoignages, ces derniers n’auraient pas supporté que le journaliste exprime sa joie au micro d’Ici Pays Basque lors du succès des Basques.
Dans un éditorial, un confrère a tenu à rendre hommage à Thomas Palmier, victime de cette agression.
« Il nous était impossible de ne pas revenir sur ce qui s’est passé vendredi soir dans les tribunes de Jean Alric à Aurillac où notre collègue a été agressé par des supporters aurillacois en fin de match. Son tort : c’était simplement de faire son métier, vous faire vivre le match du BO, il a été empêché de travailler correctement. Durant toute la seconde période, il a été poussé, il a reçu des nuquettes puis il a été giflé en plein direct car sa joie communicative lors de la victoire du BO n’a pas plu à certains. Certains qui ne supportent pas et qui ne supportent plus, on le voit dans les stades mais aussi sur les réseaux sociaux, les groupes, les forums de supporters, une espèce de forme d’intolérance qui a tendance à s’installer dans le monde du rugby, reflet sans doute de la société. »
« Midi Olympique parle de clubisme et je vais rajouter le mot supporteurisme, des concepts débarqués tout droit du monde du foot. C’est aussi ça le rugby après 30 ans de professionnalisme, même dans les tribunes avec des spectateurs toujours plus partisans et sous couvert de passion, ne veulent plus et ne peuvent plus entendre la moindre critique. Certains arrivent même à justifier les agressions injustifiables. »
« On ne va pas généraliser, ce n’est pas tout Aurillac qui est pointé du doigt, ce n’est pas l’ensemble du rugby français non plus, mais ça doit nous poser question quand on se retrouve en tribune pour encourager les équipes. »
Face à cette situation, la direction d’Ici Pays Basque et Radio France ont apporté leur soutien au journaliste. La Ligue Nationale de Rugby (LNR) a condamné fermement cet acte et a annoncé l’ouverture d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances et envisager des suites. Le club d’Aurillac a également réagi, reconnaissant finalement qu’il s’agissait d’une agression et non d’un simple accrochage.
Selon le témoignage de Thomas Palmier, la sécurité du stade n’est pas intervenue et ce sont des confrères journalistes qui ont dû s’interposer pour éloigner les agresseurs.
Le journaliste a déposé plainte dimanche à Paris, après que la gendarmerie d’Aurillac lui ait signifié son incapacité à recevoir sa plainte.
Cette affaire soulève une nouvelle fois le problème de l’intolérance et de la violence dans les tribunes, un fléau inquiétant pour le monde du rugby comme pour le sport en général.






