Le pilier gauche du Stade Toulousain, Cyril Baille, traverse une période difficile depuis juin 2024. Souffrant d’une cheville qui refuse de guérir, l’international voit ses douleurs réapparaître à chaque foulée, mettant brutalement fin à son statut d’indiscutable numéro 1 du XV de France.
« C’est ça qui est compliqué. Mais après, ça reste du sport de haut niveau. Et le sport de haut niveau, il faut maintenant comprendre aussi que, c’est aussi un peu l’usine », confie-t-il à RMC Sport avec une franchise désarmante.
Hier encore intouchable, Baille doit aujourd’hui composer avec une réalité implacable. Relégué sur le banc, voire les tribunes, il observe sans concession ce déclassement : « Il faut que tout le monde soit performant. Et quand tu es un peu moins performant, tu sors un peu du truc. C’est comme ça. »
Ce corps qui ne suit plus le rythme pèse lourdement sur lui. « En fait, ce qui est dur, c’est aussi de sentir que tu as la cheville qui est douloureuse, que parfois, tu ne te sens pas complètement à 100%. Donc ça, c’est dur aussi à jauger. Mais bon, moi, je ne m’apitoie pas sur mon sort. Depuis un an et demi, je n’ai pas dit grand-chose. Je continue à travailler, à faire ce que j’ai à faire. Et le plus important, c’est d’être au service de l’équipe, c’est tout. »
L’avenir, lui, s’assombrit peu à peu. La perspective de l’après-rugby s’immisce dans ses pensées : « Bien sûr que j’y pense. Mais bon, malheureusement, quand tu vas sur un terrain de rugby, tu sais que tu prends le risque de te faire mal. »
Isolé par cette longue rééducation, Baille avoue la difficulté du retrait : « Au début, c’est dur de sentir que tu es un peu mis de côté, en retrait. C’est sûr que ce n’est pas facile. »
Un tournant décisif est survenu après la sévère défaite contre Montpellier (44-14). Une discussion musclée avec son manager Ugo Mola a déclenché un nouvel élan : « Oui, on a eu une grosse discussion aussi avec Ugo Mola, en début de saison. […] À partir de ce match-là, il y a eu des choses qui ont été mises en place et aujourd’hui, le travail commence à porter ses fruits. »
Cyril Baille mise désormais tout sur cette fin de saison pour renaître. « J’espère vraiment bien finir, surtout. Et finir fort sur la fin de saison, ça serait bien. » Le Stade Toulousain retient son souffle : parviendra-t-il à surmonter cette « usine » qui menace de le mettre définitivement hors jeu ?







