Antoine Dupont traverse une phase délicate depuis son retour de blessure fin novembre. Le demi de mêlée du Stade Toulousain, jusque-là incontesté, fait face à ses premières critiques suite à l’élimination en quart de finale de la Champions Cup contre l’UBB (30-15) et la récente défaite au Stadium contre Clermont (27-24).
Pourtant, au-delà des apparences, la réalité est plus nuancée. Moins tranchant et moins fantasque, Dupont semble marquer un coup de mou depuis la fin de l’hiver, un phénomène que son entraîneur Clément Poitrenaud décrit avec humour : « C’est le syndrome Michalak. Il a montré tellement de choses incroyables que dès qu’il est un peu moins bon, on le dit médiocre. »
Vincent Clerc, ancien ailier emblématique du club, défend lui aussi le joueur en rappelant que la stigmatisation individuelle est injuste quand l’ensemble du collectif faillit : « C’est toujours pareil, on fait toujours ressortir les performances individuelles quand le collectif va moins bien. Les gens sont un peu excessifs. De toute façon, il n’a de compte à rendre à personne à part à lui-même, à son staff et à ses coéquipiers. Le reste ce sont des discussions de comptoir. Une telle blessure ça veut dire qu’on repart de zéro, il faut tout retravailler dans son corps, la musculature, l’explosivité, trouver ses repères sur le terrain, il y a aussi un facteur de stress, parce que quand au bout de 8 mois, 9 mois on reprend sans avoir la certitude de retrouver son niveau. Tout ça prend beaucoup d’énergie et on le subit à un moment donné, c’est pour ça qu’il y a des matchs où il y a un peu de fatigue. »
Les statistiques viennent d’ailleurs relativiser la baisse supposée de forme d’Antoine Dupont. En comparant ses performances d’avant blessure (2024-mars 2025) à celles depuis son retour en novembre, on constate que son activité globale demeure exceptionnelle, avec même des progrès dans certains domaines. Si le joueur marque légèrement moins et court un peu moins ballon en main, son influence sur le jeu offensif, notamment par les passes décisives, et sa solidité défensive se sont nettement renforcées.
De son côté, Dupont avait déjà anticipé cette période difficile lors d’une conférence de presse le 4 avril : « Quand on revient d’une blessure longue, on peut avoir un trou d’air à un moment donné. » Après avoir dominé le dernier Tournoi des VI Nations, le meilleur joueur du monde 2022 semble donc en train de payer physiquement et mentalement les efforts nécessaires à sa reprise. Une phase d’adaptation normale pour un champion au retour du combat.






