La Commission de discipline de la Ligue Nationale de Rugby (LNR) vient de publier un communiqué qui frôle le burlesque tant les sanctions semblent être autant déployées que remises en question immédiatement après.
Cette fois, ce sont deux cadres de l’Union Bordeaux-Bègles qui se retrouvent sous le feu des critiques : le pilier Jefferson Poirot et le manager Yannick Bru. Tous deux ont vu leur dossier passer au crible d’un barème disciplinaire qui donne plus l’impression d’un exercice d’arithmétique inventive que d’une application rigoureuse de la justice sportive.
### Le calcul étonnant des suspensions
Le cas de Jefferson Poirot illustre parfaitement cette gymnastique réglementaire. Coupable de « Jeu dangereux » pour un plaquage tardif ou au-dessus de la ligne des épaules, il se voit d’abord attribuer « le degré inférieur prévu par l’échelle de gravité », soit une suspension de deux semaines.
Mais le scénario vire au dédale : la Ligue ajoute une semaine supplémentaire pour « circonstance aggravante (casier disciplinaire) », avant de retirer cette sanction dans la foulée, invoquant des « circonstances atténuantes » telles que l’expression de remords et la reconnaissance de culpabilité.
Finalement, la sanction revient à deux semaines, malgré un passage par une suspension temporaire à trois semaines.
Yannick Bru a subi un sort similaire. Sanctionné pour une « Action contre un officiel de match » et un manquement au respect de l’autorité, son parcours disciplinaire a été tout aussi confus. Initialement sanctionné de deux semaines, il se voit infliger une semaine supplémentaire pour son casier, puis en récupère une par sa bonne tenue lors de l’audience. Résultat : deux semaines de suspension également.
### Une justice en roue libre ?
Cette méthode, qui semble chercher à alourdir les peines pour mieux les alléger aussitôt, soulève des questions quant à la transparence et la cohérence des décisions prises par la Commission de discipline.
Si le calendrier des matchs permettra à Poirot et Bru d’être requalifiés le 10 mai 2026, l’UBB devra néanmoins s’acquitter d’une amende salée de 10 000 € avec sursis.
Entre les « circonstances aggravantes » qui s’effacent devant des remords de pure forme, la Commission de la LNR offre une performance qui, sans être exemplaire, ne manquera pas d’amuser les observateurs du Top 14.






