Didier Lacroix, président du Stade Toulousain, s’est exprimé avec force pour réclamer une refonte complète des règles entourant le salary cap. Dans une interview accordée à Midi Olympique, il a notamment mis en lumière un cas précis qui illustre, selon lui, les failles du système : celui de Louis Bielle-Biarrey et de son contrat avec Adidas, futur équipementier de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB).
Face aux nombreuses critiques et polémiques récentes, Lacroix n’a pas hésité à sortir de son silence pour dénoncer une évolution insuffisante des règles. « Je vais l’assumer : oui, le Stade toulousain et son président ne jugent pas satisfaisant l’ensemble des débats qui ont été menés sur l’évolution de ces règles (liées au salary cap), telles qu’elles ont été présentées. Cela me met effectivement en porte-à-faux vis-à-vis des services de la Ligue et de mon statut d’élu, sauf que je l’ai suffisamment exprimé avant, pendant et après. »
Pour lui, la Ligue nationale de rugby est allée bien trop loin en limitant la discussion. « Je ne dis pas que nous avons eu une fausse consultation. Nous avons eu trois visioconférences d’une heure et demie, où chacun a pu s’exprimer, mais nous n’avons pas traité des sujets qui me tiennent à cœur et nous ne sommes donc pas rentrés dans les détails de certaines remises en cause. »
Le point crucial de son argumentation repose sur le traitement des contrats d’image entre joueurs et équipementiers. Dès la saison prochaine, ces contrats ne seront plus intégrés au salary cap, mais uniquement jusqu’à un plafond fixé à 100 000 euros par an. Un plafond qu’il juge arbitraire et incohérent : « Mais l’encadrement des 100 000 euros, ce n’est pas une valeur qui devrait être donnée de façon arbitraire. »
Lacroix prend l’exemple de Louis Bielle-Biarrey, dont le contrat avec Adidas pourrait atteindre 300 000 euros. « Si Louis Bielle-Biarrey a un contrat de 300 000 euros avec Adidas, c’est qu’il mérite ce contrat. C’est qu’il a bien travaillé, et bien négocié son engagement. Dès lors, on ne devrait pas demander à Bordeaux de faire 200 000 euros de place dans son salary cap, simplement parce que Louis Bielle-Biarrey a bien négocié son contrat individuel. Avec la réglementation qui a été décidée, et cette franchise des 100 000 euros, ce sera à Laurent Marti de dire : « Je prends acte et je suis obligé de réintégrer ces 200 000 euros-là dans ma déclaration au salary cap manager. » Cela ne me paraît pas logique. »
Ce raisonnement met en lumière les limites actuelles du système, qui punit indirectement les clubs et les joueurs les plus performants et les mieux valorisés par leurs partenaires commerciaux.
Avec cette prise de parole, Didier Lacroix ravive le débat sur le salary cap et ses règles d’application. En dépassant les intérêts de son propre club pour évoquer un problème global, il invite les autres présidents de Top 14 à se pencher sérieusement sur la question. Reste à voir si cette sortie entraînera une réaction collective ou si Toulouse restera isolé dans ce combat.







