Le Stade Français impressionne face au LOU Rugby (59-17), signant huit essais et décrochant un bonus offensif qui consolide sa place dans le top 4. Sur le plan comptable, la soirée est une réussite éclatante.
Pourtant, dans le vestiaire parisien, le sentiment reste mitigé. Malgré ce large succès, le contenu n’a pas entièrement convaincu. Avec cinq points précieux, les Parisiens restent dans la lutte pour une qualification directe en demi-finale, à portée de Montpellier et Pau, mais le jeu montré soulève des interrogations.
Dès sa prise de parole en conférence de presse, Romain Briatte a donné le ton sur un ton léger : « Bonsoir, enchanté moi c’est Romain, vous jouez au Stade Français ? » Avant d’ajouter en souriant : « Rien à voir avec le match, mais Louis Carbonel a eu son diplôme d’entraîneur cette semaine ! » Une entrée en matière détendue, vite remplacée par une analyse plus lucide.
Louis Carbonel, auteur d’une performance solide, n’a pas caché les faiblesses de l’équipe. Il a notamment lancé une phrase qui ne manquera pas de faire réagir en Rhône-Alpes, laissant entendre que le LOU Rugby n’était pas un rival de haut niveau : « C’est quand même positif parce qu’on a cinq points, après dans le contenu ce n’est pas parfait. Si aujourd’hui on avait pris une grosse équipe on aurait galéré. »
Le demi d’ouverture a particulièrement pointé du doigt une première période difficile : « Où on a eu du mal à trouver nos structures, à trouver notre rythme avec pas mal de ballons, de petites passes rejetées en arrière qui nous ont désorganisées et on n’a pas pu mettre notre jeu en place. On retient du positif, mais c’est vrai que si on fait des performances comme ça sur la fin de l’année on risque d’avoir des couacs. Donc c’est un avertissement sans frais et j’espère qu’on sera plus sérieux dès la semaine prochaine pour essayer d’avoir cinq points. » Un message clair : la victoire ne doit pas masquer les lacunes.
La prochaine échéance conduira le Stade Français à Montauban, un déplacement délicat malgré la relégation annoncée des Tarn-et-Garonnais. Romain Briatte prévient : « A Sapiac, ça pique. »
Du côté du staff, le constat est le même. Paul Gustard a exprimé sa déception face à la prestation globale : « La performance est moyenne aujourd’hui. Le niveau de performance n’est pas le niveau nécessaire pour gagner les trois prochains matchs et le bonus également. Trois touches consécutives perdues. Pour une équipe qui veut gagner le bonus, des erreurs comme ça c’est moyen. »
Il a aussi insisté sur l’importance des prochaines semaines : « Ce sera important la semaine prochaine de rester concentrés et de beaucoup travailler. Ce sera important de gagner cinq points si on veut terminer deuxième, troisième ou quatrième. Notre destin est entre nos mains. »
Si la deuxième place reste dans le viseur, les Parisiens préfèrent avancer étape par étape. Louis Carbonel tempère : « Pour l’instant on essaye de gagner nos deux matchs à domicile pour avoir un barrage à domicile, et si les adversaires font des faux pas ce sera du bonus. Mais pour l’instant on essaye d’assurer un barrage ici. »
Un discours pragmatique pour un Stade Français ambitieux, conscient qu’il faudra hausser son niveau pour aller plus loin dans la compétition.







