Billy Vunipola, troisième ligne de Montpellier, s’est livré en toute franchise dans Midi Olympique sur la fin de saison de son équipe et l’évolution du MHR. Fier de la deuxième place actuelle du club en Top 14, juste derrière le Stade Toulousain, il reste cependant lucide sur les ambitions réelles du groupe.
« Je suis quelqu’un de très optimiste, donc je pense toujours que nous allons réussir. Même l’année dernière, je pensais que nous pouvions être dans le top 6, et nous n’étions pas très loin. Si nous avions gagné à Pau ou à Castres – ce que nous méritions, sans manquer de respect à nos adversaires –, nous aurions au moins été dans le top 8. Mais oui, cette saison nous avons commencé lentement, comme vous l’avez dit et avons perdu contre Toulon d’emblée. Pour moi, il s’agissait surtout du processus, de ce que nous faisons en tant qu’équipe et de ce sur quoi nous travaillons. Nous ne le faisons pas en un jour. C’est quelque chose de long. »
Après un début de saison marqué par une certaine irrégularité, Montpellier a su se reprendre, enclenchant une série de victoires déterminantes après une défaite à domicile contre Clermont qui a mis toute l’équipe sous pression. « Ce revers nous a mis sous pression, et les coachs étaient potentiellement en danger, si l’on en croyait la presse spécialisée. Je ne sais pas à quel point c’était vrai, mais c’était là. Donc nous nous sommes retroussé les manches et nous avons fait le travail. Comme vous l’avez dit nous sommes deuxièmes, mais nous n’avons encore rien gagné. Et ce match à Castres s’annonce immense pour nous. »
L’international anglais souligne également que la détermination du groupe vient d’un ras-le-bol général face aux défaites et aux critiques internes. « Ce n’était pas seulement pour les coachs, c’était pour le projet, pour l’équipe et c’était une question de fierté personnelle. On en avait tous marre de perdre, marre de se faire engueuler en réunion (rires). Et maintenant, nous avons trouvé un équilibre, un juste milieu : même quand nous gagnons, nous voulons faire mieux. Nous n’avons pas l’habitude de gagner autant. C’est très nouveau pour nous, mais c’est ce qui nous a amenés là où nous sommes. »
Billy Vunipola met aussi en avant la progression mentale du groupe : « Je me souviens notamment du match contre les Dragons. Nous n’avons pas très bien joué, mais nous avons gagné et nous n’étions pas contents. Je pense que si cela avait été l’équipe de l’an dernier, nous aurions été contents de gagner et de passer à autre chose. Cela montre aussi les progrès de l’équipe. Il faut rendre hommage au travail des coachs qui ont réussi à changer l’état d’esprit de l’équipe. »
Selon lui, la stabilité de Montpellier tient aussi au fait de ne jamais subir de défaite lourde en championnat. « La seule dont je me souviens, c’était contre le Stade Français (35-12 le 25 octobre dernier, NDLR.). Et cela m’a marqué. Elle m’a beaucoup touché je dois vous avouer, elle a vraiment fait mal à toute l’équipe. C’est pour cette raison nous étions aussi motivés pour le match retour (victoire 44-7 le 31 janvier). Mais comme vous le dites, nous sommes une équipe qui s’accroche, qui n’abandonne pas. »
Étonnamment, Vunipola affirme ne pas se préoccuper du regard des autres clubs sur Montpellier, au contraire. « Et en vérité, je m’en fiche pour être honnête ! (rires) Comme je l’ai dit, c’est plus important que nous nous concentrions sur ce que nous faisons. Et tant mieux si nos adversaires ne nous aiment pas. Parce que cela veut dire qu’on fait les choses bien. Si les adversaires se moquent de ton sort, cela veut dire que tu es à côté de la plaque. Comme je l’ai dit, si les équipes ne se soucient pas de vous, cela signifie que vous ne faites rien. Vous n’êtes pas pertinent. Si nos adversaires et leurs supporters nous détestent, ce n’est pas une mauvaise chose, parce que l’important, c’est ce qu’il y a dans notre vestiaire, l’ambiance entre les joueurs et la volonté à nous battre les uns pour les autres. »
Pour conclure, l’objectif fixé reste clair et raisonnable : « Pour moi, c’est le Top 6. Nous devons garder les pieds sur terre. Nous avons parcouru un long chemin, mais nous ne voulons pas commencer à nous voir trop beaux. Le plus grand match, c’est le prochain, à Castres. Je ne pense pas que nous soyons encore cachés… Nous sommes outsiders, mais plus cachés. »
Billy Vunipola et Montpellier ambitionnent donc de transformer leur solide deuxième place en un succès concret lors des prochaines échéances, avec humilité et détermination.







