Le troisième ligne Cameron Woki a fait son retour à l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) après trois saisons passées au Racing 92. Depuis, l’international français enchaîne les performances remarquables.
Interrogé par *Midi Olympique*, le centre francilien Gaël Fickou, ami proche de Woki, ne cache pas son admiration pour son coéquipier. « Je connais son potentiel et pour se relancer, il avait simplement besoin de retrouver un challenge qui lui plaisait. Avant de quitter le Racing, il m’avait parlé de son envie de retrouver Bordeaux et je savais que ça lui ferait du bien. Il est alors tombé dans une équipe super compétitive, qui joue un beau rugby, dispute des phases finales et tout ça le tire vers le haut. Il a le talent pour y répondre. »
Selon Fickou, le poste de numéro 7 convient parfaitement au joueur girondin. « C’est une certitude. Il l’a d’ailleurs toujours revendiqué, n’a jamais caché sa préférence pour cette position. […] Pour durer en équipe nationale, il a dû faire des concessions, jouer deuxième ligne et je comprends ce “sacrifice”, si je peux m’exprimer ainsi. Il a d’ailleurs fait de très grands matchs au poste de numéro 4. Mais à mon sens, il est plus doué dans les espaces et au relais de ses trois-quarts. Cameron, il aime combattre mais il aime surtout jouer au rugby. En ce sens, le numéro 7 lui va très bien. »
Cette saison, Woki prouve qu’il maîtrise à la fois le combat et le jeu. « Il montre à tout le monde qu’il sait faire les deux, combattre et marquer de beaux essais. […] Quand il faut activer le levier “combat”, il sait le faire. Mais s’il n’y a que ça, ça ne lui plaît pas. Cameron, c’est un joueur moderne, athlétique, explosif et doté de bonnes mains. »
Fickou souligne également la proximité entre Woki et l’ouvreur bordelais Matthieu Jalibert. Mais il évoque aussi des tensions passées avec l’ancien manager de l’UBB, Christophe Urios, qui expliqueraient en partie le départ de Woki à l’été 2022. « Ils sont très proches, tous les deux : avec Matthieu, ils ont grandi ensemble, ont fait le centre de formation de l’UBB à la même époque. Cela crée des connexions mais ce n’est pas la seule raison ayant conduit Cameron à revenir en Gironde : il aime beaucoup cette ville et s’il l’avait quittée, c’est juste parce que ça ne passait pas avec Christophe Urios. Tôt ou tard, il savait qu’il y retournerait. »
Pour Fickou, Bordeaux est la véritable maison du joueur, bien que celui-ci soit originaire de la région parisienne. « Cameron, il a beau être né en région parisienne, il a toujours considéré Bordeaux comme sa ville. Ce club, c’est sa deuxième famille. Il y est épanoui et franchement, je suis très content de le voir à ce point heureux. »
Le joueur s’épanouit dans un cadre et un système de jeu qui valorisent ses qualités. « Je crois plutôt que c’est Bordeaux et son système de jeu qui mettent les qualités de Cameron en valeur. Vous savez, il est encore très souvent à Paris ; il participe encore à des défilés, il débarque ici dès que commence la fashion week… Et puis, Bordeaux n’est pas un village, que je sache. »
Enfin, Gaël Fickou envisage le retour prochain de Cameron Woki en équipe de France. « Cameron, il a déjà une trentaine de capes (33) avec l’équipe de France. Il est dans les radars du staff tricolore et j’espère qu’il jouera à nouveau des matchs avec la sélection. Ceci dit, la concurrence est énorme à son poste : comme ça, je vous citerais François Cros, Paul Boudehent, Anthony Jelonch, Oscar Jegou… En clair, il y a de sacrés clients mais Cameron a largement le niveau pour évoluer dans cette équipe. »







