Jefferson Poirot, icône du rugby européen et pilier incontournable de l’Union Bordeaux-Bègles, n’a pas toujours rêvé d’évoluer en première ligne.
Adolescent, il se voyait plutôt dévaler le terrain avec le ballon, à l’image des grands trois-quarts internationaux qui l’ont marqué. Parmi eux, un Australien a particulièrement captivé son admiration.
« Ce joueur m’impressionnait énormément », confie Poirot dans une interview accordée à L’Équipe. Il s’agit de James O’Connor, l’explosion australienne aux 71 sélections avec les Wallabies.
« Oui. Un joueur m’impressionnait : James O’Connor. Ça m’aurait plu d’être ce joueur, prendre des intervalles. »
Ce qui fascinait particulièrement le pilier bordelais chez l’ancien arrière polyvalent, c’était son talent et son dynamisme. « Il avait beaucoup de talent. C’était un joueur avec des appuis, de la vitesse, qui pouvait traverser une défense. » Pendant des années, O’Connor est resté l’un des joueurs les plus imprévisibles et spectaculaires du rugby mondial.
Pourtant, avec le temps, Jefferson Poirot a complètement revu sa conception du jeu. Il a appris à aimer les « tâches obscures », ces actes défensifs souvent invisibles mais essentiels.
« Mais je le répète, aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir dans les choses simples du rugby : un bon plaquage, un bon déblayage, un bon grattage, un bon contre-ruck. »
Une évolution résumée par cette conviction forte : « J’ai appris à aimer tout le côté défensif du rugby. Pour moi, c’est aussi spectaculaire qu’une percée. »
Malgré tout, la flamme de la vitesse ne s’est jamais entièrement éteinte chez Poirot, qui avoue garder un petit pincement en admirant les rapides ailier de l’UBB.
« Même si j’aimerais avoir la vitesse de Loulou ! », lance-t-il avec malice, évoquant Louis Bielle-Biarrey, la nouvelle flèche bordelaise.
Ainsi, Jefferson Poirot allie désormais puissance frontale et humilité du travail défensif, symbolisant parfaitement l’âme combattante de son club et du rugby français.







