Longtemps reconnu pour la puissance brute de ses avants, le Stade Rochelais affiche aujourd’hui un visage inédit. Depuis plusieurs semaines, les avants maritimes ont élargi leur registre en s’impliquant pleinement dans le jeu de mouvement prôné par le staff, une transformation qui coïncide avec la spectaculaire remontée du club au classement du Top 14.
À l’aube du déplacement à Montauban, sur la pelouse synthétique de Sapiac, cette nouvelle identité pourrait une fois de plus faire la différence.
### Des avants désormais moteurs du jeu
Cette métamorphose est visible à chaque rencontre. Contre le Racing 92 puis Toulouse, les avants rochelais ont multiplié courses, passes après contact et interventions dans le jeu courant.
Pour Alexandre Kaddouri, cette évolution est une nécessité dans le rugby moderne : « Le rugby demande ça maintenant, on ne peut plus rester au milieu du terrain et ne rien faire, on a besoin que tout le monde soit acteur. Ce n’est plus juste aux trois-quarts de proposer ce jeu. »
Les preuves de ce changement ne manquent pas. Antoine Hastoy a salué certaines séquences face au Stade Toulousain : « On a vu pas mal de jeux d’avants contre Toulouse, sur le deuxième essai avec Judi et Joel Sclavi qui fait une longue passe. On leur tape assez dessus sur leurs recharges. Quand ils font du bon travail comme ça, c’est énorme, ça fait plaisir. »
### Une révolution calculée par le staff
Cette transformation ne relève pas du hasard. L’entraîneur des trois-quarts, Rémi Talès, souligne que le Stade Rochelais d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui des grandes années précédentes, tant dans le profil des joueurs que dans le style de jeu : « Le Stade Rochelais des grandes années et celui d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes, ce ne sont plus les mêmes joueurs, le jeu est différent. »
Le technicien insiste sur l’assimilation progressive de cette nouvelle philosophie par le groupe : « Il faut donc changer les habitudes, que tout le monde comprenne pourquoi on fait ça. Les joueurs sont en train de le comprendre. »
### Un collectif regonflé à bloc
Cette nouvelle approche semble insuffler une énergie renouvelée à l’équipe. Pour Thomas Lavault, le retour de plusieurs joueurs blessés a apporté une fraîcheur bienvenue dans la dernière ligne droite du championnat : « On ne peut pas en garder, on est obligé de tout jouer à fond et de faire les comptes à la fin mais ça va. On est dans le vrai. On a un supplément d’âme, pas mal de joueurs revenus de longues blessures apportent de la fraîcheur. L’équilibre est plutôt bon en ce moment. »
Le deuxième ligne apprécie également ce rugby plus ambitieux : « C’est aussi plaisant pour nous de pouvoir toucher des ballons et, entre guillemets, de se régaler à pratiquer un rugby cool à jouer. Ça demande beaucoup d’énergie mais pour le moment, c’est prolifique. »
### Un atout clé pour Montauban
À Sapiac, la chaleur annoncée et la pelouse synthétique favoriseront les équipes capables de rythme élevé. La Rochelle mise précisément sur cette nouvelle vélocité de son pack pour poursuivre sa remontée vers le Top 6.
Quelques mois après une lourde défaite à Toulouse, les Maritimes donnent désormais l’impression d’avoir changé de dimension dans leur manière de jouer.







