Depuis plusieurs saisons, la présence des franchises sud-africaines en Champions Cup suscite des tensions parmi les clubs européens. Entre longs déplacements, contraintes logistiques et impact sur la récupération des joueurs, le débat revient régulièrement sur le devant de la scène, en particulier en France où les critiques persistent.
Face à cette polémique, Yann Roubert, président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), a tenu à clarifier la situation : les Bulls, Sharks et Stormers resteront bien dans la compétition.
### Des déplacements lourds à gérer pour les clubs français
Les souvenirs des voyages éprouvants sont encore vifs dans les esprits. En janvier 2025, le Stade Toulousain avait dû traverser la planète pour affronter les Sharks à Durban, un déplacement remarquable par sa difficulté, comme l’avait résumé Antoine Dupont : « De 5 à 30°C avec 80 % d’humidité en deux jours… ». De tels voyages alimentent depuis longtemps les critiques de nombreux entraîneurs et dirigeants, certains réclamant une réduction du nombre de franchises sud-africaines engagées afin d’alléger le calendrier.
Mais Yann Roubert s’oppose fermement à ces demandes.
### « L’accord de participation nous amène jusqu’en 2030 »
Interrogé par La Dépêche sur la possibilité de revoir la participation sud-africaine, le président de la LNR a rappelé l’existence d’un contrat solide qui lie les partenaires jusqu’en 2030 : « L’accord de participation nous amène jusqu’en 2030. » Et de conclure sans ambiguïté : « Non, les changements ne seront pas pour la saison prochaine. »
Cette déclaration écarte toute révolution immédiate dans le format actuel de la Champions Cup.
### Des améliorations envisagées malgré tout
Toutefois, Yann Roubert admet que le système n’est pas parfait : « Le format pourrait gagner en clarté pour les supporters et en attractivité pour les clubs. » Si la présence sud-africaine est maintenue, des pistes d’évolution sont à l’étude, notamment pour répondre aux enjeux à venir : « Par contre, c’est sûr, on réfléchit à des adaptations pour l’avenir. »
### La santé des joueurs au cœur des préoccupations
Au-delà des aspects économiques et sportifs, c’est la santé des joueurs qui préoccupe avant tout les décideurs : « Parce qu’après l’intérêt des supporters et le souci de préserver nos championnats domestiques, vient la santé des joueurs. » Les longs déplacements entre l’Europe et l’Afrique du Sud suscitent encore des inquiétudes quant à la fatigue accumulée, un sujet qui reste central dans les discussions.
Malgré les critiques, il est désormais certain que les franchises sud-africaines resteront actives et bien visibles dans la Champions Cup. Cependant, Yann Roubert a clairement exprimé le souhait d’une réduction du nombre de clubs engagés : « Effectivement, ce qu’on veut à l’avenir, c’est une solution commune qui profite : un, au rayonnement sportif de la Champions Cup ; deux, d’une articulation qui soit cohérente pour garantir l’attractivité aussi de nos championnats domestiques ; et puis trois, j’y reviens, la préservation de la santé des joueurs. Donc, effectivement, je ne vais pas vous cacher que nous, avoir moins de clubs en Champions Cup, peut-être économiser quelques dates et avoir quelque chose de plus élitiste, c’est quelque chose qu’on envisage et dont on débattra au sein de l’EPCR. »
Il conclut enfin : « On réfléchit à des adaptations pour l’avenir. Et là, quand on sera prêts, évidemment, il y aura une conférence de presse. »







