À 23 ans, Matias Remue s’impose comme le seul joueur belge évoluant en Top 14, au sein du prestigieux Stade Toulousain. Un parcours exceptionnel pour ce jeune talent qui a découvert le rugby loin des grandes nations de l’ovalie et qui ambitionne désormais de s’imposer durablement chez les champions de France.
### Une passion née loin des terrains professionnels
Originaire de Bruxelles, Matias Remue a été initié au rugby par son père. Il confie à RMC Sport :
« Mon père faisait du foot et il n’aimait pas du tout la mentalité. Alors il a demandé un peu autour de lui des sports pour qu’on essaye, mon frère et moi. Et c’est comme ça qu’on s’est mis au rugby à cette époque-là, à l’âge de 5 ans et demi. Et depuis, je n’ai jamais arrêté. »
À ses débuts, le jeune Belge ne connaît presque rien du rugby professionnel. Il explique :
« Petit à petit, tu mets les choses en place aussi pour essayer de partir, de chercher une structure pro qu’il n’y a pas en Belgique. Vers 14-15 ans, ça m’est passé par la tête. »
### Toulouse, une révélation dès l’adolescence
Adolescent, Matias et son frère jumeau Florian participent à un stage à Toulouse, une première prise de contact avec le club rouge et noir qui marque le début d’une aventure prometteuse. Matias raconte :
« Ils me demandent de revenir m’entraîner en semaine avec la catégorie de l’époque. J’avais 14 ans. Et ça se passe bien, on me dit que j’ai le niveau, mais ils ne vont pas enlever un mec qui a le même niveau que moi ici pour faire venir un étranger. »
Malgré ce refus initial, le Stade Toulousain ne l’oublie pas. Michel Marfaing, en charge du recrutement, se souvient :
« On l’avait revu ensuite avec son frère. Ils étaient venus faire une journée de détection ici. Mais ils avaient été vus aussi par Perpignan. On avait bataillé un peu avec l’USAP pour pouvoir les récupérer. »
### De la Belgique aux entraînements d’élite
Après ses débuts au Royal Kituro à Bruxelles, Matias Remue rejoint finalement Toulouse en 2022. Le choc est brutal. Il confie :
« Sur le moment même, tu ne réalises pas. Tout ce qui m’est arrivé au début ici, tu ne réalises pas. Quelques années après, tu te dis que tu viens de là, que tu as un beau parcours, que tu peux en être fier. Mais quand tu es dans le feu de l’action… tu fonces. Tu mets toutes les chances de ton côté. »
Rapidement, il s’entraîne aux côtés de stars comme Antoine Dupont, Thomas Ramos ou Ange Capuozzo, intégrant peu à peu le haut niveau.
### Une première titularisation marquante
Le 23 novembre 2024 restera une date gravée dans la mémoire du jeune joueur. Face à Perpignan, il dispute son premier match en Top 14. Il se souvient :
« Que des bons souvenirs. Ce premier match, c’était beaucoup d’accomplissements pour tout le travail que j’avais pu faire pour en arriver là. Et puis, beaucoup de fierté, parce qu’en Belgique, tu n’es pas amené, on va dire, à en arriver là. »
Depuis, il a continué à gagner du temps de jeu avec six apparitions cette saison, inscrivant trois essais.
### Le club mise sur son potentiel
Au Stade Toulousain, tout le monde s’accorde à louer les qualités du jeune arrière. Laurent Thuéry souligne :
« Matias, c’est quelqu’un qui a des qualités, notamment de vitesse, une capacité à gagner ses duels assez remarquables. »
Et d’ajouter :
« Forcément, on compte sur lui sur les saisons qui arrivent. Avec les qualités qu’il a, il est capable de nous faire beaucoup de bien. »
Même son coéquipier Ange Capuozzo est admiratif :
« Matias, c’est quelqu’un de très facile au quotidien, discret mais qui s’est imposé aux entraînements. Au niveau rugby, vous avez pu voir qu’il a énormément de qualités. »
### Des ambitions claires
Malgré une forte concurrence, Matias Remue affiche ses objectifs sans détour :
« A terme, c’est le but, bien sûr. D’être cadre dans l’équipe. Je ne suis pas ici pour être assistant ou regarder les autres jouer. »
Il ajoute :
« J’essaie de faire ce qu’il faut pour y arriver. Le but, c’est de jouer les matchs importants, les matchs qui comptent. En l’occurrence, il y a les phases finales qui approchent, donc on verra. »
### Un fier ambassadeur du rugby belge
Bien qu’il soit passé tout près d’une qualification historique pour la Coupe du monde avec la Belgique, éliminée d’un point seulement derrière les Samoa, Matias reste profondément attaché à son pays. Il confie :
« Je suis content, évidemment pour moi, mais aussi pour la Belgique. Ce que je représente, au final, aux yeux des Belges. »
À travers son parcours, le Toulousain est devenu un symbole fort du développement du rugby belge. Sa progression fulgurante laisse entrevoir un avenir prometteur, et son histoire est sans doute loin d’être achevée.







