La chute brutale de l’Aviron Bayonnais secoue le rugby français. Un an seulement après une demi-finale historique en Top 14, le club basque traverse une saison cauchemardesque, terminant à la douzième place du championnat. Marquée par les blessures, les lourdes défaites et une confiance ébranlée, cette campagne laisse des traces profondes.
Joris Segonds, l’ouvreur bayonnais, ne cache pas la déception dans un entretien à Midi Olympique : « Nous sommes tous piqués. Finir douzièmes et perdre tous les matchs, ça nous touche. On essaye de ne pas le montrer, mais chacun est piqué au fond de soi, moi le premier. » Après l’euphorie de l’an passé, le retour à la réalité a été brutal : « La saison dernière était extraordinaire. Celle-ci nous remet les pieds sur terre. »
Le contraste est saisissant. Bayonne, qui avait su s’imposer comme une place forte du rugby français, a enchaîné les désillusions. « On a perdu cinq matchs à la maison. Sur treize rencontres à l’extérieur, dix équipes ont pris le bonus offensif contre nous. À partir de là, on ne peut pas trop rivaliser », constate Segonds, sans détour.
Pour l’ancien Parisien, la demi-finale précédente a changé la donne : « Cette saison, tout le monde a annoncé la couleur. Les clubs voulaient venir gagner à Jean-Dauger. » Résultat, à l’extérieur, Bayonne a souvent subi la loi de ses adversaires : « On nous a respectés, on nous a mis, à chaque fois, 50 points. Les clubs voulaient nous mettre la tête sous l’eau, ça a été chose faite. »
Les blessures ont exacerbé les problèmes, même si aucun prétexte n’est avancé par Segonds : « Les planètes ne se sont pas alignées. Il y a eu beaucoup de choses contre nous, mais c’est la loi du sport. » Il souligne aussi l’impact de la fatigue physique et mentale accumulée lors de la saison précédente : « La phase finale, c’est magnifique, mais c’est usant. Je pense que sur certaines blessures, on a payé les pots cassés de la saison dernière. »
Le danger est palpable. Segonds pointe déjà l’exemple du promu vannetais : « Il va falloir que l’on se réveille vite, car si une équipe comme Vannes monte, elle peut largement jouer le Top 14. » Un avertissement clair face aux défis qui attendent Bayonne.
Sur le plan individuel aussi, l’heure est à la remise en question : « C’était loin d’être ma meilleure saison. Il va falloir une belle remise en question cet été pour repartir pied au plancher. » Après avoir connu l’ivresse de la demi-finale, Bayonne a découvert la face sombre du Top 14. Une saison à oublier, mais dont les leçons pourraient être précieuses pour éviter un nouveau plongeon.







