Un an après une qualification historique en demi-finale du Top 14 qui avait fait vibrer tout le Pays Basque, l’Aviron Bayonnais a connu une chute brutale. Douzième du championnat, éliminé de la course aux phases finales et en rupture avec une partie de ses supporters, le club basque a vécu une saison à oublier. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin spectaculaire.
### Une guerre interne qui a tout emporté
Pendant plusieurs mois, Bayonne a davantage fait parler de ses tensions internes que de ses performances sur le terrain. La relation entre le président Philippe Tayeb, le directeur du rugby Laurent Travers et le manager Grégory Patat s’est progressivement détériorée. Malgré une demi-finale historique en 2025, une partie de la direction doutait de la capacité de Patat à faire franchir un nouveau cap au club. Les désaccords se sont multipliés, devenant impossibles à cacher. L’arrivée de Laurent Travers a accentué ces tensions, et le départ de Patat est finalement apparu inévitable. Résultat : un club fragilisé en coulisses alors que l’équipe avait besoin de stabilité.
### Une deuxième partie de saison catastrophique
Le contraste entre les deux moitiés de saison est frappant. Après treize journées, Bayonne pointait à une prometteuse sixième place. Mais la suite a tourné au cauchemar. Les Basques n’ont remporté que trois matchs lors de la phase retour et ont passé huit journées à la douzième place du classement. Arthur Iturria n’a d’ailleurs pas été surpris par cet effondrement. « Honnêtement, de l’intérieur, je sentais les choses venir, je ne vais pas le cacher. »
### Une infirmerie désespérément remplie
L’infirmerie est restée pleine tout au long de la saison. De nombreux cadres, à l’image de Baptiste Chouzenoux, Baptiste Heguy ou Esteban Capilla, ont manqué de longues semaines, perturbant les équilibres de l’équipe. Gerard Fraser ne cache pas les difficultés : « On a été obligé de tirer sur la corde de certains mecs. » L’usure physique liée à la saison précédente, conclue tardivement avec la demi-finale, a aussi laissé des traces.
### Une défense parmi les pires du championnat
Les chiffres sont sans appel : avec 869 points encaissés cette saison, Bayonne affiche la deuxième pire défense du Top 14, seule Montauban ayant fait pire. La discipline a aussi été un point noir avec 27 cartons jaunes et deux rouges. Gerard Fraser a dressé un bilan clair : « Nous avons vu l’importance d’avoir une conquête dominante, une défense qui peut regagner le ballon, qui peut tenir plusieurs phases de jeu, et l’importance d’être disciplinés. »
### Un recrutement décevant
Le départ des leaders Camille Lopez, Guillaume Rouet ou Uzair Cassiem a créé un vide immense. Malheureusement, les recrues n’ont jamais réussi à compenser ces pertes. Exceptés Alexandre Fischer et Emerick Setiano en début de saison, les nouveaux venus ont souvent déçu. Le cas Gareth Anscombe illustre parfaitement cet échec : arrivé avec un statut prestigieux, l’ouvreur gallois n’a jamais su s’imposer, avec une statistique notable de six matchs disputés sans aucune victoire.
### Un chantier colossal avant la prochaine saison
L’Aviron Bayonnais dispose désormais de plusieurs semaines pour analyser cette saison ratée. Retrouver la sérénité interne, renforcer certains secteurs clés et réussir le prochain recrutement s’imposent comme des urgences. Une chose est sûre : après avoir goûté à la demi-finale du Top 14, les supporters bayonnais ne toléreront pas longtemps de revoir leur club lutter dans la partie basse du classement.







