Vendredi soir, Nolann Le Garrec vivra un moment unique. Le demi de mêlée international retrouvera, avec l’équipe de France, La Rabine, le stade de sa ville natale, Vannes. Une rencontre chargée d’émotions pour celui qui a grandi au RC Vannes.
« Là, revenir, entre guillemets, chez moi, avec le maillot bleu, c’est un grand sentiment de fierté, » confie le joueur à Midi Olympique. Pour lui, ce retour aux sources a une signification profonde : « Vannes, c’est la ville où j’ai commencé le rugby, où je suis né et où j’ai grandi, c’est fort. »
Malgré l’absence d’enjeu officiel, la rencontre aura une dimension particulière. « Paradoxalement, alors que le seul enjeu est de bien préparer le Championnat des Nations, de prendre des repères, c’est peut-être le match où je vais ressentir le plus d’émotions. Franchement, si on m’avait dit un jour que je pourrais jouer là-bas, dans ce stade, avec ce maillot, je ne l’aurais pas cru. »
Le Garrec se réjouit aussi de voir la Bretagne accueillir un match des Bleus, un événement rare et historique pour la région. « Je trouve ça génial que la Fédération ait décidé d’organiser ce match au stade de La Rabine. Les Bretons sont très fiers du RCV et très fiers aussi de recevoir un match de l’équipe de France. Et mieux encore, un match contre l’Angleterre. » Pour lui, cette affiche est une reconnaissance du travail accompli : « C’est aussi une récompense pour tout le travail qui est fait dans la région. »
Avant de devenir international, Nolann Le Garrec n’était autre qu’un jeune ramasseur de balles, fasciné par les matchs du RC Vannes. « Je vais voir dans les tribunes beaucoup de visages connus. Ce seront des émotions fortes. La Rabine, je l’ai connue pour les grandes occasions et j’ai eu la chance d’être plusieurs fois ramasseur de balles pour les matchs du RCV. La dame qui gérait les ramasseurs de balles m’aimait bien. » Malgré la découverte de grands stades, pour lui « La Rabine, c’est celui qui me faisait rêver. Je n’aurais voulu rater ce match pour rien au monde. »
S’il pouvait s’adresser au jeune garçon qu’il était, son message serait simple et porteur d’espoir : « Je lui dirais que tout est possible et qu’il faut croire en ses rêves. » Le demi de mêlée souligne l’évolution du rugby breton : « Il y a quinze ans, quand un petit gars de la Bretagne disait qu’il voulait jouer au plus haut niveau en France, on ne le croyait pas trop. Ça pouvait même faire rigoler. Aujourd’hui, ça a bien évolué grâce à tout ce qu’a fait le RC Vannes. »
Parmi les personnes les plus fières vendredi, Nolann Le Garrec pense immédiatement à son grand-père : « Je dirais peut-être mon grand-père. Lui, il a passé quarante ans au club. Il sera donc là et sera, j’en suis sûr, très heureux. »
Malgré une saison éprouvante avec La Rochelle, le Breton a tenu à répondre présent : « Non, parce que même si on a laissé beaucoup de jus ces deux ou trois derniers mois pour décrocher la qualification, j’ai le sentiment d’être très frais mentalement. Jouer pour l’équipe de France, c’est une de mes plus grandes fiertés. »
Avant de penser au Championnat des Nations et à l’hémisphère Sud, Le Garrec se concentre sur cette première échéance face à l’Angleterre. « Je le vois comme un vrai test-match. Tout ne sera pas forcément parfait, mais il y aura beaucoup d’envie et d’énergie sur le terrain. Et beaucoup de qualité aussi. »
Pour ce Breton, l’aventure en bleu commence là où tout a débuté, dans le stade qui l’a fait rêver enfant.







