Le Stade Toulousain a imposé sa loi vendredi soir au stade Vélodrome en dominant largement le Racing 92 et en décrochant son ticket pour la finale du Top 14. Une victoire impressionnante, mais qui n’a pas conduit Ugo Mola, le manager toulousain, au triomphalisme.
« C’est un match qui nous a souri dans pas mal de situations en début de match. À partir du moment où nous avons pris le score, c’était très difficile pour le Racing, qui a laissé énormément d’énergie ces dernières semaines pour se qualifier en demi-finale. Le score est peut-être un peu trop lourd, mais il n’empêche qu’on a réalisé une performance assez incroyable. Est-ce qu’on est en mesure d’en réaliser une de plus ? » a-t-il expliqué, soulignant que la fraîcheur physique et mentale avait joué un rôle important dans le déroulement de la rencontre.
Avant ce rendez-vous crucial, le technicien haut-garonnais avait lancé une phrase devenue virale : « Continuez à douter de nous ». Après la qualification, ce sujet est revenu dans son discours. Interviewé par Midi Olympique, Ugo Mola a nuancé la perception parfois trop sévère autour de son équipe, tout en défendant la nécessité d’un certain doute pour progresser.
« Honnêtement, je comprends que vous ayez une analyse très fine de ce qui peut se passer chez nous, mais il n’empêche que je doute encore quand je vois dans l’état où on finit avec les petits bobos que nous avons connus sur le match. Le doute, ce n’est pas une maladie. Le doute, c’est quelque chose qui nourrit plein de choses, qui nourrit l’éveil, qui nourrit la tension, qui nourrit la capacité à se remettre en question. Et ce groupe-là, il a très certainement besoin d’être dans le doute et avec un petit brin de peur. Pas la peur de rentrer sur le terrain, mais la peur de mal faire ou de ne pas jouer à son niveau. Ce vendredi soir, ils ont joué à leur niveau, mais après, je crois que par respect pour le parcours qu’a réalisé le Racing pour se retrouver là, et parce qu’il reste une semaine, on va éviter de tirer des conclusions qui seraient malheureuses et qui ne serviraient pour le coup personne d’autre que nos adversaires de la semaine prochaine. »
Sur le terrain, le Stade Toulousain a une nouvelle fois fait preuve de son rugby fluide et collectif, dominant le Racing notamment par des séquences de continuité efficaces. Ugo Mola insiste cependant sur le travail de fond accompli depuis plusieurs saisons.
« Sur ce match, ça a fonctionné. Mais faut-il en tirer une vérité ? Parfois, nous ne sommes pas à ce niveau-là. Bravo à Jack [Willis] et à son équipe sur la capacité à être en mesure d’assurer la continuité, d’essayer de jouer une forme de rugby qui nous va bien, dans lequel on se retrouve, dans lequel on a des repères communs. On joue depuis quelques années de cette manière avec des garçons qui sont assez incroyables. »
Enfin, le manager toulousain a répondu aux critiques formulées à l’encontre de son équipe ces derniers mois, en appelant à plus de mesure dans les jugements.
« Je vous ai peut-être trouvés un peu durs avec nous sur les deux derniers mois, deux mois et demi, mais ne nous encensez pas trop parce que ce n’est pas non plus la réalité de ce match. Et j’y reviens encore une fois : je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’intensité. On va peut-être dire que j’ai le melon mais les matchs de rugby, il faut les faire avec de la fraîcheur, avec de l’enthousiasme, avec ses forces vives. Le Racing a laissé énormément de plumes ces six ou sept dernières semaines. Force est de reconnaître que nous, on avait quelques-unes de nos forces vives. Il y en avait peut-être un peu moins en face de nous. »
Avec cette qualification solide, Toulouse confirme son statut de favori, mais Ugo Mola rappelle que le plus dur reste à venir.







