Mathis Lebel savoure la démonstration du Stade Toulousain face au Racing 92
Vendredi soir au stade Vélodrome, le Stade Toulousain a signé une victoire historique en infligeant un cinglant 71-17 au Racing 92, propulsant les Rouge et Noir vers une nouvelle finale de Top 14. Parmi les joueurs rayonnants, l’ailier international Mathis Lebel a exprimé toute sa satisfaction après cette performance collective remarquable.
« Bien sûr, on est satisfaits du contenu et du plaisir qu’on a pris. En phase finale, on essaie toujours de prendre du plaisir, mais souvent, avec des scores un peu moins larges, le plaisir passe au second plan. Aujourd’hui, on a réussi à le remettre au premier plan, donc c’est top. Au niveau de l’énergie, de l’entente dans le groupe, tout va très bien. Maintenant, la célébration sera de courte durée parce qu’il faut vite passer à la suite et se projeter sur la semaine prochaine », a expliqué Lebel, soulignant le bonheur retrouvé de son équipe.
Malgré la large domination toulousaine, l’international français insiste sur le respect porté à un adversaire sérieux, complet et confiant. « On arrive avec beaucoup de respect pour cette équipe du Racing au vu de sa fin de saison. Peut-être qu’ils ont perdu un peu d’énergie à force de se battre pour atteindre cette demi-finale. Ce serait très présomptueux de dire qu’on s’attendait à un score aussi large. En revanche, on s’était préparés à un gros combat et à mettre leurs gros joueurs sous pression. Je trouve qu’on a répondu présent sur le plan physique, puis on a réussi à mettre notre jeu en place. »
Ces dernières semaines, certains observateurs avaient critiqué les prestations toulousaines malgré leur place de leader. Lebel refuse de se laisser distraire par ces analyses parfois contradictoires. « Je préfère éviter ce genre d’analyse parce qu’après, tout est interprété. À un moment, on disait qu’on doutait, maintenant on dira qu’on est en forme. Ce qu’on sait, c’est qu’on se concentre sur nous-mêmes, qu’on travaille du mieux possible et qu’on a essayé d’optimiser nos périodes de repos. On a connu des moments délicats en fin de saison dans un contexte particulier, puisqu’on était déjà qualifiés. On a essayé de rester hermétiques à ce qui se disait. Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est qu’on a pris énormément de plaisir. Mais on est persuadés que la semaine prochaine, ce sera un autre registre, sans dénigrer le Racing, qui a réalisé une très belle saison. On sait qu’un autre grand rendez-vous nous attend. »
Reconnaissant que les critiques ne sont jamais totalement ignorées, Lebel mise sur la cohésion du groupe pour y répondre. « Entre joueurs, on est assez solides. Il y a tellement d’expérience et de grands joueurs dans cette équipe que j’ai l’impression que ça glisse. Ce serait mentir de dire qu’on ne les entend pas. Peut-être qu’Ugo (Mola) s’en sert comme d’un petit levier supplémentaire pour nous motiver. On essaie d’être hermétiques, mais forcément, on entend ce qui se dit. Ce qui ressort surtout, c’est une grande solidarité. Quand un joueur ou le groupe est visé, on fait bloc et on essaie de répondre sur le terrain, comme aujourd’hui. »
Déjà concentré sur la finale, Lebel rappelle l’importance d’une identité de jeu constante, gage de réussite pour le Stade Toulousain. « On essaie de cultiver cela et de rester fidèles à notre identité, quel que soit le contexte du match. Quand tout s’aligne comme aujourd’hui et que tout se passe bien, cela nous réussit. Mais même dans un match plus serré, on aurait essayé de rester fidèles à ce qu’on travaille tous les jours à l’entraînement. Le fait de s’entraîner ensemble avec beaucoup d’intensité nous permet d’éliminer ces petits doutes. »
Quant à l’adversaire futur en finale, Lebel fait preuve de prudence, conscient de la densité et de la qualité des prétendants. « Franchement, c’est très indécis. Ça va être un gros match. Si Montpellier a préparé cette rencontre avec davantage de fraîcheur, comme nous, cela peut compter. Mais le Stade Français sort d’une performance remarquable contre La Rochelle, ils ont été épatants. Ce sont deux équipes qui se ressemblent sur plusieurs points. Ce sera un grand rendez-vous et il est très difficile de se projeter. »
Enfin, l’ailier insiste sur le fait que l’expérience toulousaine ne suffira pas à elle seule pour remporter le titre. « Ce serait mentir de dire que nous ne l’avons pas. Mais ce serait une erreur de penser que le simple fait d’avoir de l’expérience ou de porter ce maillot suffira. Quand on voit la qualité des packs et des lignes de trois-quarts des deux équipes susceptibles d’être en finale, se reposer uniquement sur l’expérience ne suffira pas. Il faudra apporter autre chose, et je pense surtout au combat, parce que c’est ce que nous proposera aussi bien le Stade Français que Montpellier. »
Avec cette démonstration et cette humilité affichée, le Stade Toulousain semble prêt à relever le défi d’une nouvelle finale de Top 14.







