Comment le Stade Toulousain maintient-il son hégémonie année après année ? À l’approche d’une nouvelle finale de Top 14 face à Montpellier, Guy Novès, ancien manager emblématique des Rouge et Noir, livre dans les colonnes de Midi Libre son analyse sur cette longévité exceptionnelle.
Pour lui, cette culture de la victoire ne relève pas du hasard, mais résulte d’un travail rigoureux transmis de génération en génération.
### « Les joueurs savent que le relâchement se paie »
Toulouse aborde cette finale en favori, un statut qui ne soucie pas Novès.
« Ce sont les médias qui accordent ce statut de favori. Aujourd’hui, je pense que les joueurs ont une grande expérience du haut niveau. Ils savent que le relâchement est préjudiciable. Ce parfum de certitudes au sein de cette équipe, on le ressent. Et ça s’entretient, par exemple en soulignant les qualités de l’adversaire. Et Montpellier en a. On met aussi l’accent sur ce qui a bien et moins bien marché. Le but est de ne pas avoir de regrets sur ce genre de match. »
Cette exigence constante est selon lui l’un des piliers expliquant la régularité exceptionnelle du club depuis plusieurs décennies.
### Une culture de la victoire transmise de génération en génération
Au cœur de ce succès, Guy Novès pointe avant tout le fonctionnement interne du club.
« Quand on est un bon élève et qu’on a de bonnes notes, on a toujours envie d’avoir des bonnes notes », compare-t-il, illustrant cette quête permanente d’excellence.
Mais le véritable secret, d’après lui, tient davantage à la transmission.
« Je suis content de voir que les enfants de joueurs que j’ai connus, comme Romain Ntamack avec Emile, ils ont envie de faire mieux que leurs parents. Cette envie, elle se transmet. Le club se charge de ça. Et il a beaucoup d’avance. Quand j’étais joueur, il y avait un entraîneur. Aujourd’hui, le staff est composé de 25 ou 30 membres. Il y a des spécialistes dans tous les secteurs. Cette flamme s’entretient par une organisation sans faille. Ugo Mola et Didier Lacroix s’entendent très bien, par exemple. Cette transmission, je la vois quand j’amène mes petits-enfants à l’entraînement, je perçois ce leitmotiv de l’élève qui a envie de dépasser le maître. »
### Le souvenir d’une finale accrochée face au MHR
Guy Novès n’oublie pas non plus la finale disputée contre Montpellier en 2011, un match plus serré qu’on ne l’imagine parfois au vu des résultats toulousains.
« Je me souviens d’un match très très difficile. Montpellier avait failli gagner mais on arrive à décrocher la victoire sur la fin. »
Treize ans plus tard, le Stade Toulousain retrouve le MHR avec la ferme ambition de prolonger cette tradition victorieuse qui forge sa légende.







