
Privé du premier test face à la Nouvelle-Zélande en raison de son arrivée tardive en tournée, Peato Mauvaka a vécu la rencontre depuis les tribunes. Un vrai crève-cœur pour le talonneur du Stade Toulousain, qui rêvait de se mesurer aux All Blacks sur leurs terres.
Au moment d’évoquer cette frustration, l’international français a surtout livré une déclaration qui ne manquera pas de faire réagir. Pour lui, malgré le statut de numéro un mondial des Springboks, la véritable référence du rugby reste… la Nouvelle-Zélande.
Un voyage compliqué avant de retrouver les Bleus
Champion de France quelques jours plus tôt avec Toulouse, Mauvaka n’a pas rejoint directement Brisbane avec les autres finalistes du Top 14.
Le talonneur a dû effectuer un long détour par Christchurch, où il a attendu seul l’arrivée du reste de la délégation française.
Une situation qu’il raconte avec beaucoup d’humour pour Midi Olympique :
« Je l’ai eu un peu dur avec le jet-lag au début. J’ai mis du temps à me faire au décalage horaire, à passer de bonnes nuits. C’était un peu « complicado » (rires). Surtout, j’ai eu droit à un régime spécial en partant directement en Nouvelle-Zélande. Ça m’a rajouté trois ou quatre heures de vol par rapport aux autres. À partir de Dubaï, j’ai quitté les autres finalistes. Du coup, j’ai fait le plus long des deux vols tout seul… C’était dur d’arriver en Nouvelle-Zélande et d’attendre que le reste du groupe me rejoigne. D’autant qu’ils mettaient des photos au zoo à Brisbane ou des trucs comme ça dans les groupes WhatsApp. Pendant ce temps, j’attendais tout seul à Christchurch. Mais bon, ça va un peu mieux. Surtout, hier (lundi), j’ai bien dormi. Trop même (rires). »
« C’était un match que j’avais envie de jouer »
En regardant les Bleus défier les All Blacks depuis les tribunes, Mauvaka n’a pas pu cacher une certaine frustration.
Le Toulousain aurait aimé participer à ce rendez-vous si particulier.
« C’était un beau match à jouer. Lorsque tu as la chance d’affronter la meilleure équipe du monde sur ses terres, tu as forcément envie de jouer, de vivre ce moment. Et franchement, depuis les tribunes, c’était beau à regarder. »
Pour autant, il assure que le voyage n’aurait pas constitué un frein si le staff avait décidé de l’aligner.
Il se remémore même un épisode particulièrement marquant de sa carrière.
« Si j’avais dû jouer ce match, je l’aurais joué. Même si j’ai eu du mal avec le jet-lag et le voyage, je pense qu’avec l’adrénaline, je n’aurais pas senti la fatigue. J’aurais peut-être eu des petites courbatures après le match mais bon… J’avais déjà connu ce genre de situation en 2018 lors du décès de mon papa. J’étais rentré chez moi, mais au retour, j’avais joué le lendemain de mon arrivée. L’adrénaline m’avait fait oublier tout le reste. »
« Les Blacks restent la référence »
Interrogé sur le fait que l’Afrique du Sud occupe pourtant la première place du classement World Rugby, Mauvaka n’a pas hésité une seconde.
Pour lui, les All Blacks restent l’équipe qui incarne le mieux le rugby.
« (Il lève les yeux au ciel) On parle de rugby, là ! Les Blacks ne sont peut-être pas numéro un mondial, mais c’est le plus beau rugby pratiqué sur Terre. Quand j’étais petit, avant de jouer au rugby, ce sont les Blacks que je regardais, pas l’Afrique du Sud. Ils n’ont peut-être plus le niveau d’il y a quelques années, mais ça reste la référence pour ceux qui aiment le rugby. »
Une déclaration qui en dit long sur l’admiration que le talonneur français porte toujours à la Nouvelle-Zélande.
Déjà tourné vers le défi australien
La frustration du premier test est désormais derrière lui.
Remis de sa blessure au genou contractée en début d’année, Mauvaka se dit pleinement opérationnel avant de défier les Wallabies.
« Moi, je suis frais et excité. Je n’ai repris qu’en janvier après ma blessure au genou. Et puis, au début je n’ai fait que des bouts de match, j’en avais un peu marre. J’étais impatient de commencer une rencontre pour voir si mon genou tenait le coup. Je n’ai donc repris que depuis quelques mois. J’ai vraiment hâte de jouer ce match… Aujourd’hui (mardi), j’ai pu enfin me réentraîner sur une vraie séance car pendant quatre, cinq jours, j’étais un peu sur le côté pour laisser les mecs se préparer pour le match des Blacks. »
Le talonneur sait néanmoins que les Bleus devront se méfier d’une Australie largement meilleure que ne le laisse penser son classement.
« On ne peut pas se fier au classement. L’Australie, ça fait partie des grandes nations du rugby. (…) Ça a tapé fort sur leur match contre l’Irlande. C’est pour cette raison qu’il est impossible de se fier au ranking. L’Australie a perdu de peu et aurait vraiment pu s’imposer. Du coup, ils vont vouloir se rattraper contre nous. »







