
En plus de quinze années passées au plus haut niveau, Mathieu Noirot a vu son métier évoluer à grande vitesse. De ses débuts sur les terrains amateurs jusqu’à son futur rôle d’arbitre vidéo, l’ancien arbitre central estime que la profession n’a plus grand-chose à voir avec celle qu’il a découverte au début des années 2000.
Entre une préparation plus poussée, une communication renforcée avec les clubs et l’apparition du TMO, l’ancien officiel décrit une fonction devenue plus exigeante, mais aussi beaucoup mieux structurée.
Un concours qui a changé le cours de sa carrière
Avant de devenir arbitre professionnel, Mathieu Noirot était avant tout joueur de Fédérale 1. Rien ne le destinait alors à passer de l’autre côté du sifflet.
C’est un concours organisé en 2004 qui a tout déclenché comme il l’explique via Midi Olympique :
« Effectivement, j’avais gagné un concours en 2004. Jusqu’à ce moment-là, j’étais joueur en Fédérale 1. Et puis je suis passé de l’autre côté ! »
Sa passion pour le règlement ne date pourtant pas de cette époque.
Curieux de comprendre toutes les subtilités du jeu, il fréquentait déjà les arbitres lorsqu’il était encore joueur.
« C’est un monde qui m’intéressait même quand je n’étais que rugbyman. Je participais par exemple à des réunions des arbitres par curiosité. Mon père était lui aussi arbitre donc je connaissais cet univers. En tant que joueur, j’estimais important le fait de connaître le règlement sur le bout des doigts. (…) Quand ce concours est apparu, mon père a voulu que je participe (…) Et j’ai gagné. Mon parcours s’est ensuite accéléré. Je savais que le train est passé pour ma carrière de joueur alors je me suis lancé à fond dans l’arbitrage. »
Un rugby plus rapide et un arbitrage mieux encadré
Vingt ans plus tard, Mathieu Noirot mesure le chemin parcouru.
Selon lui, la profession s’est profondément structurée.
« Elle est incroyable. Ça avance aussi vite que le rugby de manière générale en fait. Il y a plus de moyens, c’est vrai, mais il y a surtout des encadrements de qualité. J’ai vu passer pas mal de staffs techniques pendant ma carrière et je peux vous dire que l’actuel est très compétent. »
Le jeu lui-même a également évolué.
Les arbitres prennent aujourd’hui moins de décisions, mais chacune d’elles est davantage scrutée.
« Les joueurs nous facilitent aussi la vie. Quand on s’arrête sur les statistiques, on compte environ quinze fautes dans un match de haut niveau. C’était bien plus élevé par le passé. Il y avait beaucoup plus de décisions à prendre et donc, plus de possibilités de se tromper. Je ne dirai pas que c’est plus facile, mais c’est à prendre en compte. »
Le TMO a changé la façon d’arbitrer
À peine retraité du terrain, Mathieu Noirot s’apprête déjà à débuter une nouvelle mission comme arbitre vidéo.
Pour lui, le TMO est devenu un rouage essentiel de l’arbitrage moderne.
« On court un peu moins (rires). Pour ce qui est de l’analyse, il y a quasiment autant de réunions techniques, que l’on soit au centre ou à la vidéo. (…) Les mecs au TMO restent associés à tous les stages et toutes les discussions qui pourraient faire avancer les choses. »
L’ancien arbitre rappelle que les interventions vidéo concernent souvent les décisions les plus importantes d’une rencontre.
Le moindre appel peut avoir des conséquences décisives sur le résultat d’un match.
« Les débriefs seront tout de même plus courts puisque tu prends moins de décisions dans un match. Mais on peut aussi se dire que celles que tu prends, elles sont souvent décisives. Tu interviens en cas de potentiel essai ou potentiel carton rouge… Quand on fait appel à toi, il faut faire le boulot. »
Des échanges devenus indispensables avec les staffs
L’évolution de l’arbitrage ne se limite pas à la technologie. Mathieu Noirot estime que la communication occupe désormais une place centrale.
Les arbitres sont aujourd’hui pleinement intégrés à la vie du rugby professionnel.
« On peut effectivement dire qu’il y a un peu plus de communication. On voit de plus en plus les arbitres prendre la parole, ce qui est très bien je trouve. (…) Au rugby, l’homme au sifflet apporte une vraie compétence technique. Les règles évoluent tellement que notre rôle est hyperimportant. C’est une des raisons pour lesquelles les staffs ont besoin de souvent échanger avec nous. On se doit de travailler main dans la main. »







