
À seulement 25 ans, Joris Dupont se retrouve dans une situation que peu de joueurs imaginent vivre en pleine carrière. Arrivé au terme de son contrat avec Mont-de-Marsan, le trois-quarts centre n’a pas trouvé de nouveau point de chute et figure aujourd’hui parmi les joueurs professionnels sans club.
De retour chez sa famille, dans la région toulousaine, l’ancien joueur de Castres continue pourtant de s’entraîner quotidiennement. Convaincu qu’une opportunité finira par se présenter, il refuse de baisser les bras, même si son quotidien est devenu particulièrement difficile.
« Tu te rends compte que tu es vraiment au chômage »
La séparation avec le Stade montois s’est faite sans animosité, mais sans accord non plus.
Joris Dupont raconte dans les colonnes de Midi Olympique :
« Assez tardivement, j’ai eu une proposition. Nous n’avons pas réussi à trouver d’accord, le club et moi. C’est à contre-cœur que nous n’avons pas continué ensemble. »
Depuis, il découvre une réalité totalement nouvelle.
L’une des étapes les plus difficiles reste son inscription à France Travail :
« Ça fait bizarre ! Ça fait assez peur car tu te dis que tu es sorti du circuit. Quand tu as ton rendez-vous à France Travail, ça te met un petit coup derrière la tête… C’est là que tu te rends compte de la situation dans laquelle tu es, que tu es vraiment au chômage. »
Malgré tout, il refuse de perdre espoir.
Il poursuit :
« Je crois toujours trouver quelque chose, avoir une opportunité dans la saison, comme joker médical ou joueur supplémentaire. C’est pour ça que je m’entraîne fort tous les jours, je me tiens prêt pour toutes les propositions ou éventualités qui s’offrent à moi. »
Très peu de contacts malgré son expérience
Auteur de 22 rencontres en Pro D2 la saison dernière et passé par le Top 14 avec Castres, Joris Dupont espérait naturellement susciter davantage d’intérêt.
Pour l’instant, les sollicitations restent très limitées.
Il explique :
« Avant d’avoir refusé la proposition du Stade montois, j’étais un petit peu en contact avec Béziers, mais ça n’a pas abouti. C’est assez calme… »
Des clubs amateurs se sont également manifestés. Mais le joueur préfère patienter.
Il justifie ce choix :
« Ça ne m’intéressait pas. Je trouve ça surtout un peu trop risqué. Imaginez que je m’entraîne en Fédérale, que je me blesse et qu’il y a une opportunité que je ne peux pas saisir… Je pense que je m’en voudrais. Donc, en attendant, je m’entraîne de mon côté. »
Musculation, cardio… et quelques passes dans le jardin
Pour rester prêt physiquement, le centre a conservé une discipline très proche de celle qu’il connaissait en club.
Il détaille son programme :
« J’essaie de conserver un peu le même système de journée que j’avais en club. Le matin, je fais de la muscu, et l’après-midi, je fais du cardio. »
Le ballon, en revanche, lui manque énormément.
Il sourit en racontant son quotidien :
« Du coup, je fais des passes avec ma copine dans le jardin. »
Avant de reconnaître ce qui lui manque le plus.
« Cet aspect-là, tu ne peux pas trop le travailler quand tu es sans club… C’est compliqué de travailler les contacts quand tu es seul. C’est d’ailleurs ce qui me manque le plus, jouer un peu au ballon. »
« Quand je vois mes anciens coéquipiers, ça fait mal »
Le plus difficile reste parfois de voir les autres poursuivre leur préparation estivale.
Les réseaux sociaux rappellent quotidiennement à Joris Dupont ce qu’il a perdu.
Il confie avec émotion :
« Quand je prends mon téléphone, que je vais sur Instagram et que je vois tous les copains qui sont en pleine préparation de la prochaine saison, qui jouent au ballon, qui sont restés dans le circuit… C’est là que tu te rends compte de ta situation, et ça te met un vrai coup derrière la tête quand même d’être sorti de ce milieu-là. »
Cette douleur devient toutefois une source de motivation.
Il ajoute :
« Ça fait mal, mais ça motive à s’entraîner davantage pour revenir encore plus en forme au cas où une opportunité arrive. »
Déjà tourné vers l’après-rugby
Même s’il espère toujours retrouver un club professionnel, Joris Dupont prépare déjà l’avenir.
Passionné de golf depuis son enfance, il imagine volontiers une seconde carrière dans cette discipline.
Il explique :
« Je pourrais être enseignant : donner des cours, prendre du plaisir et, éventuellement, à terme, avoir ma propre structure. »
Le monde du café l’attire également, même si cette piste reste aujourd’hui secondaire.
Une idée qu’il aimerait voir arriver dans le rugby
Enfin, l’ancien Montois se montre séduit par le modèle mis en place dans le football, où les joueurs sans contrat peuvent participer chaque été à un stage organisé par l’UNFP afin de continuer à s’entraîner et disputer des matches.
Une initiative qu’il aimerait voir transposée au rugby :
« Je trouve que c’est une très bonne idée ! Si on pouvait avoir ça dans le rugby, ça serait pas mal. Ça pourrait aider les mecs qui sont dans la même situation que moi pour pouvoir se montrer et, surtout, avoir du temps de jeu. Ça permettrait aussi de maintenir un esprit d’équipe qui, mine de rien, manque… C’est quelque chose à creuser ! »
En attendant qu’un club lui tende la main, Joris Dupont poursuit sa préparation dans l’ombre, avec un seul objectif : être prêt le jour où le téléphone sonnera.







