
Les succès du Stade Toulousain ont été accompagnés ces derniers mois par plusieurs affaires extra-sportives. Entre les sanctions liées au salary cap, le dossier Melvyn Jaminet et les contrats d’image d’Anthony Jelonch et Antoine Dupont, Ugo Mola a accepté de répondre aux soupçons qui entourent son club.
Et le manager refuse catégoriquement que les performances des Rouge et Noir soient associées à un système organisé de contournement des règles.
Le technicien toulousain distingue les erreurs reconnues par le club des accusations beaucoup plus lourdes formulées contre son modèle. Il conteste notamment l’idée selon laquelle Toulouse utiliserait des entreprises partenaires pour compléter artificiellement les rémunérations de ses joueurs.
« C’est aussi faux que diffamatoire »
Le départ annoncé de Thomas Ramos au Racing 92, comme celui de François Cros vers Lyon, a notamment alimenté l’idée que Toulouse serait désormais contraint de rentrer dans les clous après avoir profité d’un système plus avantageux.
Dans les colonnes de Midi Olympique, Mola rejette totalement cette interprétation et rappelle l’ampleur des contrôles auxquels le Stade Toulousain a été soumis :
« C’est trop facile de faire croire à tout le monde que le club gagnerait parce qu’il n’aurait pas respecté les règles, et que les départs de Thomas Ramos ou François Cros s’expliqueraient par une volonté de les respecter à l’avenir. L’idée que nos détracteurs colportent est que le salary cap nous interdit de rémunérer nos joueurs à leurs vraies valeurs de marché, de sorte que le club demanderait à des “parties associées” de les rémunérer à sa place. C’est aussi faux que diffamatoire.
Vous observerez d’ailleurs que le salary cap manager a le devoir de contrôler si les joueurs sont raisonnablement rémunérés au regard de leur valeur de marché. Chacun sait qu’il n’y a pas de club qui ait été plus contrôlé que le nôtre. Pourtant, le salary cap manager n’a jamais prétendu que les salaires que nous versons à nos joueurs ne reflètent pas leur valeur sur le marché. Je ne peux donc pas laisser certains dire ou écrire qu’il y a un loup parce que Thomas Ramos s’en va. C’est faux. Le vrai loup, c’est que les règles changent et que l’impact, si on le résume de manière basique, sera de moins un million d’euros de masse salariale à terme. »
Mola assume donc les contrôles, mais refuse d’établir un lien entre les sanctions reçues par Toulouse, ses résultats sportifs et les départs de plusieurs cadres.
Mola reconnaît « une erreur » dans l’affaire Jaminet
Le manager toulousain ne cherche toutefois pas à présenter son club comme irréprochable. Concernant le recrutement de Melvyn Jaminet, il reconnaît explicitement une faute du Stade Toulousain.
Pour Mola, le club a commis une erreur, l’a payée et doit désormais attendre que l’enquête permette d’éclaircir le reste du dossier :
« Il y a différents degrés d’atteinte. Quand on reprend le dossier Melvyn Jaminet, il y a une erreur faite par le club. Tu payes, passons à autre chose. Mais, outre l’erreur, il y a une escroquerie, une enquête en cours qui, avec le temps, permettra de savoir la vérité. »
Les contrats d’image d’Anthony Jelonch et Antoine Dupont constituent un autre dossier. Mola laisse Didier Lacroix porter la défense juridique du club, mais pose deux principes qu’il considère essentiels.
Et sur l’idée d’un système de triche organisé à Toulouse, sa réponse est particulièrement ferme :
« Mon président Didier Lacroix s’est exprimé dans la presse et je n’ai pas la voix pour me positionner. Cependant, deux choses au moins sont sûres. La première, c’est qu’il existe dans la réglementation du Top 14 des règles qui me paraissent contraires à l’équité sportive, et qui sont semble-t-il contraires à plusieurs normes juridiques ; la seconde, c’est que le Stade toulousain n’a jamais instauré la triche en système. Ça a existé dans le rugby, et c’est marrant parce que certains, bien plus vertueux maintenant, se sentent l’obligation de nous expliquer… Encore une fois, nous sommes pour le salary cap et mon rôle est de préserver mon staff, de m’occuper du rugby, de la succession et de la performance. Le reste, même si je peux m’agacer, je n’ai pas de prise dessus. »







