
Privé de compétition pendant plus de deux ans, Reece Hodge ne s’est pas contenté de suivre son interminable programme de rééducation. L’international australien s’est progressivement rapproché du staff de Bayonne, jusqu’à participer à l’analyse des adversaires et présenter son travail devant le groupe.
Cette implication lui a permis de conserver un lien avec le rugby alors que son quotidien était principalement rythmé par les soins et la musculation. Elle a également renforcé son envie de devenir un jour entraîneur.
Un rôle informel auprès du staff
Sans être officiellement intégré à l’encadrement, Hodge a collaboré avec Gerard Fraser et Grégory Patat. Il a également travaillé sur la stratégie offensive aux côtés de Camille Lopez et de Nick Abendanon.
L’Australien explique dans Midi Olympique pourquoi ce nouveau rôle lui faisait du bien mentalement :
« Je ne vais pas dire ça mais j’ai vraiment aidé Ged et Greg quand il était là. J’ai beaucoup échangé avec Camille et Nick sur la stratégie. C’est bon pour la tête de basculer sur quelque chose de différent quand tu es dans une rééducation très dure. J’aimerais bien devenir entraîneur plus tard. J’avais l’habitude de faire l’analyse de l’adversaire en attaque. »
Le staff lui a notamment donné accès à SportsCode, un logiciel utilisé par les professionnels pour découper et analyser les séquences vidéo.
Des présentations effectuées devant les joueurs
Hodge consacrait plusieurs heures à l’étude du prochain adversaire de l’Aviron. Son travail ne restait pas sur son ordinateur puisqu’il échangeait avec les entraîneurs et présentait ensuite ses conclusions au groupe professionnel.
Le joueur détaille l’organisation mise en place au fil des semaines :
« Oui, informellement. J’avais une relation avec Ged et Greg, ils m’ont donné une licence pour SportsCode. J’ai passé des heures devant l’ordinateur pour vraiment essayer d’aider l’équipe. Le vendredi, nous échangions avec les entraîneurs sur le prochain adversaire car quand tu es coach, tu ne cibles que le match qui arrive le samedi. Le dimanche, je faisais une analyse que je présentais au groupe le lundi matin… »
Cette expérience lui a permis d’observer le métier d’entraîneur de l’intérieur. Elle pourrait également peser au moment de choisir sa reconversion définitive.
Une marque de vêtements lancée pendant sa convalescence
L’ancien joueur de Bayonne a profité de son temps libre pour développer Bidaia Threads, une marque de vêtements basée en Australie. Il réalise lui-même une partie des créations portées par certains de ses anciens partenaires.
Hodge raconte les nombreuses tâches nécessaires pour faire vivre ce projet :
« Oui, ça s’appelle Bidaia Threads. J’aime bien faire du design, ça fait plaisir de voir les mecs de ton équipe qui portent un short ou un t-shirt que tu as imaginé. C’est basé en Australie, j’ai trouvé un fournisseur là-bas. Pour l’instant, les avis sont bons. Cela prend beaucoup de temps d’organiser les livraisons, de gérer le business mais c’est chouette, différent. Toutefois, là, j’ai rebasculé sur la rééducation, c’est mon objectif principal. »
Le joueur conserve cependant plusieurs pistes pour son avenir professionnel. Avant de devenir rugbyman, il avait suivi trois années d’études de kinésithérapie en Australie.
Il regrette de ne pas avoir profité davantage de sa longue absence pour terminer sa formation :
« J’ai passé du temps avec mes amis… Si j’avais su que la blessure durerait aussi longtemps, j’aurais aimé étudier un peu plus. J’ai fait trois ans de kiné en Australie, avant de signer à Melbourne, et je n’ai jamais terminé ma dernière année. Plus tard, ça m’intéresserait d’être préparateur physique, kiné ou entraîneur. »
Un niveau B2 obtenu avec 90 %
Hodge a également consacré une partie de son passage à Bayonne à l’apprentissage du français. Son investissement lui permet aujourd’hui de s’exprimer avec une grande aisance.
L’Australien affiche une certaine fierté après avoir validé officiellement son niveau B2 :
« J’ai vraiment fait l’effort et il y a un peu de fierté. J’ai pris des cours avec la professeure au club. J’ai validé mon B2 avec un score de 90 % il y a quelques mois. Je voulais vraiment maîtriser le plus possible cette langue. J’ai dû appeler la caisse primaire d’assurance maladie un paquet de fois pour débloquer mon dossier. Sans parler français, ça aurait été compliqué… »
Entre l’analyse vidéo, le textile, la kinésithérapie et la préparation physique, Reece Hodge a profité de sa convalescence pour explorer plusieurs voies. Mais son objectif prioritaire demeure encore de retrouver les terrains.







