
Longtemps en grande difficulté offensivement, Perpignan affiche un visage radicalement différent en ce début de saison. Les Catalans ont déjà marqué dix essais en deux journées de Top 14.
La victoire obtenue face à Castres (43-29) a confirmé cette évolution spectaculaire. Portée par une ligne de trois-quarts particulièrement inspirée, l’USAP a inscrit six essais et aurait même pu alourdir davantage le score.
Perpignan a décidé de conserver le ballon
Après avoir privilégié l’occupation lors de son déplacement au Stade Français, l’équipe de Laurent Labit a adopté une stratégie beaucoup plus ambitieuse à Aimé-Giral.
Dès les premières minutes, les Sang et Or ont multiplié les longues séquences et les initiatives depuis leur propre camp. Les avants ont servi de relais afin de libérer une ligne arrière composée de Tom Ecochard, Paolo Garbisi, Théo Forner, Maëlan Rabut, Braydon Ennor, Sevu Reece et Antoine Aucagne.
Victor Montgaillard reconnaît via L’Indépendant avoir pris énormément de plaisir derrière une conquête performante.
« La conquête a été bonne, et quand on a une ligne de trois-quarts comme la nôtre, on se régale. »
L’essai de Garbisi après une percée d’Ennor, celui de Montgaillard à la suite d’une relance lointaine ou encore la réalisation de Forner après un jeu au pied castrais ont illustré la variété du jeu catalan.
Dix essais en seulement deux journées
L’évolution est saisissante. Perpignan avait dû attendre six journées pour inscrire dix essais la saison dernière, et même sept lors de l’exercice précédent. Cette fois, deux rencontres ont suffi.
Face à Castres, l’USAP a franchi trois autres fois la ligne sans parvenir à valider l’essai. Sa production offensive aurait donc pu être encore plus importante.
Maëlan Rabut constate que les automatismes commencent à apparaître.
« On savait que si on mettait un peu de rythme, ça s’ouvrirait. On sent qu’on se trouve plus, qu’il y a des choses intéressantes sur lesquelles on va pouvoir travailler. Après, il n’y a pas de secret : quand tu enchaînes les matches, tu arrives à avoir plus d’automatismes. »
Les recrues ont également apporté de la vitesse, de la puissance et une confiance qui manquait au collectif catalan.
Laurent Labit estime que son équipe doit assumer cette volonté offensive.
« Nos joueurs qui sont arrivés dans la ligne avaient des fourmis dans les jambes. On sait que les victoires passeront par ce jeu-là. Le rugby d’aujourd’hui est fait pour que l’équipe qui a le ballon soit récompensée. »
Théo Forner en « facteur X »
Les statistiques confirment la domination perpignanaise. L’USAP a réalisé davantage de courses ballon en main et gagné près de 100 mètres de plus que Castres.
Théo Forner a été le joueur le plus dangereux de la rencontre avec 111 mètres parcourus, 13 courses et deux franchissements. Aucun autre joueur n’a fait mieux dans ces trois secteurs.
Victor Montgaillard mesure l’importance de disposer d’un joueur capable de débloquer une rencontre.
« C’est un facteur X. C’est rassurant d’avoir un joueur qui peut faire des fulgurances. À l’image de notre ligne de trois-quarts, on a de la qualité. »
Laurent Labit précise toutefois que cette stratégie avait été préparée en fonction du profil castrais. Elle ne sera donc pas nécessairement reproduite à chaque rencontre. Perpignan vient néanmoins de démontrer qu’il possède désormais les joueurs et les solutions pour tenir le ballon et faire très mal à ses adversaires.







