
Thomas Ramos, François Cros, Régis Montagne ou encore Léon Darricarrère connaissent déjà leur prochain club. Alors que la saison vient à peine de commencer, ces engagements anticipés provoquent un malaise grandissant au sein du Top 14.
Le marché s’est emballé dès l’été. Thomas Ramos rejoindra le Racing 92, François Cros portera les couleurs du LOU à partir de la saison 2027-2028, tandis que Régis Montagne et Léon Darricarrère quitteront Clermont pour le Rugby Club Toulonnais. Esteban Capilla a, lui, choisi le Stade Toulousain.
Clermont réclame une évolution du règlement
D’autres dossiers restent ouverts. Emmanuel Meafou est notamment courtisé par le Stade Français, mais Toulouse tente encore de le conserver. Anthony Jelonch n’a pas davantage arrêté définitivement son choix.
Cette succession d’annonces a provoqué la colère du président clermontois Jean-Claude Pats. Le dirigeant regrette que les clubs et les joueurs soient plongés aussi rapidement dans la saison suivante.
Jean-Claude Pats demande aux instances du rugby professionnel de revoir le fonctionnement actuel.
« Je suis étonné. Il n’est pas possible de vivre dans cette situation. La saison n’a pas commencé qu’on parle déjà de la prochaine. Ce n’est agréable ni pour les joueurs ni pour les clubs. J’appelle le rugby pro à se remettre en question en légiférant. »
Depuis 2023, un club peut officiellement contacter un joueur et lui transmettre une proposition à partir du 1er juillet précédant sa dernière année de contrat. Les négociations longtemps conduites dans l’ombre disposent ainsi d’un cadre clair, mais elles aboutissent à des engagements parfois annoncés plus d’un an avant le changement effectif de club.
Un système plus transparent, mais imparfait
Le phénomène ne date pas de cet été. Le départ de Nolann Le Garrec du Racing 92 vers La Rochelle avait été révélé dès août 2024. Davit Niniashvili avait également choisi le club maritime en septembre de la même année, tandis que Léo Coly s’était engagé avec Bayonne dès juillet 2025.
Président de la Ligue nationale de rugby, Yann Roubert défend la volonté de transparence à l’origine de cette réglementation. Il reconnaît néanmoins son principal effet indésirable.
Le patron de la LNR admet via L’équipe que les mouvements peuvent désormais être officialisés beaucoup trop tôt.
« Avant, on était dans un autre système, avec une période de mutations. On a voulu le changer parce que c’était hypocrite. Là, ça a le mérite d’être clair, mais du coup, on a des annonces qui sont faites peut-être trop tôt. »
Le dispositif actuel a supprimé une partie de l’hypocrisie entourant les négociations. Il confronte cependant les clubs à une nouvelle difficulté : commencer une saison avec plusieurs joueurs majeurs dont le départ est déjà acté. La question d’un nouveau calendrier ou d’un encadrement renforcé devrait donc continuer d’alimenter les débats.







