
Clermont a décroché son premier succès de la saison contre le Stade Français (25-16), mais Christophe Urios n’avait pourtant pas retrouvé le sourire. Les départs déjà annoncés de Régis Montagne et Léon Darricarrère vers le Rugby Club Toulonnais ont profondément agacé le manager auvergnat.
Le technicien estime via France 3 que les discussions autour de la saison prochaine ont pris beaucoup trop de place. Urios veut désormais recentrer son groupe sur le présent et sur les objectifs immédiats de l’ASM.
Urios veut arrêter de parler de l’avenir
Les mouvements de Montagne et Darricarrère ont été révélés avant même que la saison ne soit véritablement lancée. Une situation difficile à accepter pour Urios, qui comptait sur les deux joueurs dans la construction de son projet.
Le manager clermontois explique pourquoi il affichait la mine des mauvais jours durant le week-end.
« Il y a eu des départs annoncés, il y a eu des discussions, des ouvertures sur des choses qui ne me plaisaient pas. On parlait plus de l’avenir que du présent. Mais, moi, j’ai envie de vivre la saison avec mon groupe. »
Cette contrariété n’a pas empêché Clermont de réagir sur le terrain. Battus à Lyon lors de la première journée, les Jaune et Bleu ont dominé le Stade Français au terme d’une rencontre âpre.
Un match solide malgré les difficultés
L’ASM a connu une première période compliquée dans les secteurs de la mêlée et de la touche. Malgré ces problèmes, elle n’était menée que 6-3 au moment de regagner les vestiaires.
La réaction observée après la pause a particulièrement satisfait Urios. Ses joueurs sont parvenus à trouver des solutions sans se désunir.
L’entraîneur a apprécié l’état d’esprit, la condition physique et les bases solides montrées par son équipe.
« Je trouve qu’on a fait un match costaud. Sachant qu’on a eu des difficultés en conquête à la première mi-temps, c’était pas facile de garder le cap. Malgré tout, on arrive à la mi-temps en 6-3 pour eux. Ce que j’ai aimé en deuxième mi-temps, c’est de chercher des solutions et on a réglé le problème de conquête ensuite. C’était pas un match brillant mais il est fort sur les bases. J’ai aimé notre état d’esprit, l’état d’esprit des leaders, notre niveau physique également. J’ai apprécié notre rugby. »
La conquête reste le chantier prioritaire
Clermont avait déjà connu une entame délicate lors de son déplacement à Lyon. Urios refuse toutefois d’expliquer ces difficultés par un manque d’investissement.
Selon lui, son équipe avait simplement été dominée dans des secteurs déterminants. Sans ballons propres, elle ne pouvait ni lancer son jeu ni entraîner le public dans son sillage.
Le manager veut désormais régler rapidement les problèmes constatés en conquête.
« C’est pas un problème d’implication à Lyon, on a été dominés, c’est pas pareil. On avait des problèmes pour avoir du ballon en touche. On avait une conquête en mêlée qui était en difficulté en première mi-temps. C’était difficile de marquer et d’embarquer l’équipe et le public. Notre état d’esprit du jour fait qu’on a été bon sur ce qu’on pouvait contrôler à ce moment-là du match, à savoir notre défense, notre discipline, je les ai trouvés très performants. Oui, on en a reparlé : la conquête, il faut la régler. »
« La mentalité, c’est le plus difficile à obtenir »
La notion d’état d’esprit revient constamment dans le discours de Christophe Urios. Pour lui, réunir les joueurs et les membres du staff autour d’une même direction pendant près d’une année représente le défi majeur d’un entraîneur.
Les difficultés techniques peuvent être travaillées et corrigées rapidement. La construction d’une véritable cohésion humaine réclame davantage de temps et une attention permanente.
Urios explique pourquoi la mentalité occupe une place aussi importante dans sa méthode.
« Oui, l’état d’esprit, la mentalité, faire en sorte de réunir 50 mecs, 25 staffs, les faire avancer dans la même direction pendant 11 mois, c’est ça le plus difficile pour moi. Dans l’intersaison, il faut créer cette cohésion, cette direction, ce cap, et après il faut le garder. J’en parle souvent de ça parce que la mentalité, c’est ce qui est le plus difficile à obtenir pour moi. Quand t’as une bonne mentalité, tu te rapproches de la performance. […] C’est pour ça que j’emploie beaucoup ce mot, que je travaille beaucoup dessus, c’est essentiel et important. Les problèmes de jeu, c’est facile : le dernier match qu’on a eu, le prochain match on n’aura plus de problèmes de touche, on va le travailler, le mettre en priorité. Mais, quand il s’agit de lien humain, ce n’est pas toujours évident. »
Harry Plummer s’impose déjà comme un guide
Parmi les satisfactions de ce début de saison figure Harry Plummer. L’ouvreur néo-zélandais a rapidement pris une place importante dans le fonctionnement collectif de Clermont.
Urios savait que sa recrue possédait les qualités d’un organisateur. Il restait néanmoins une inconnue importante concernant son adaptation à un nouvel environnement et à une culture différente.
Le manager se montre particulièrement satisfait de l’influence déjà exercée par Plummer.
« Quand tu regardes un joueur à l’extérieur, tu ne sais jamais comment il va s’intégrer. En plus, Harry Plummer est néo-zélandais, un anglo-saxon, pas du tout de la culture latine et française. Il y a pleins de paramètres qui font que tu ne sais pas comment ça va se passer. Mais, à la lecture de ses matchs, on sait que c’est un leader sur le terrain, c’est un organisateur, c’est un guide de jeu. Il a une place importante dans le collectif, on en est très fiers. »
Le vin comme indispensable soupape
En dehors du rugby, Christophe Urios poursuit son activité de vigneron et de chef d’entreprise. Cette autre vie lui permet de prendre du recul et de ne pas rester constamment enfermé dans son métier d’entraîneur.
Il rappelle toutefois que le rugby demeure sa première passion et sa priorité professionnelle.
« C’est ma première passion, mon premier métier. C’est une forme de soupape, j’ai toujours pensé : « Je vais faire que du rugby ». Mais ne faire que ça ne me rendait pas meilleur. J’ai besoin d’avoir d’autres activités, d’autres façons d’aborder la vie. Mais j’oublie jamais que mon premier boulot, c’est celui d’entraîneur de rugby. »







