
La lourde défaite concédée à Montpellier (50-13) a remis en lumière un problème qui poursuit l’USAP depuis plus de deux ans : Perpignan n’a plus remporté le moindre match de Top 14 à l’extérieur depuis le 27 avril 2024. Depuis ce succès, les Catalans affichent un bilan terrible loin d’Aimé-Giral : 27 défaites et un seul match nul. Une faiblesse que Laurent Labit sait incompatible avec l’objectif d’un maintien plus confortable.
La dernière victoire catalane en déplacement en championnat avait justement été obtenue à Montpellier (20-25). Depuis, les voyages sont devenus un véritable cauchemar pour l’USAP, malgré deux succès décrochés à l’extérieur dans un contexte différent, lors des barrages de maintien contre Grenoble en 2025 puis Aix-en-Provence en 2026.
27 défaites pour un seul match nul
La statistique résume l’ampleur du problème.
Depuis ce 27 avril 2024, Perpignan a disputé 28 rencontres de Top 14 à l’extérieur sans en gagner une seule. Le seul match qui n’a pas débouché sur une défaite est le nul obtenu à Vannes (20-20) le 29 mars 2025.
Les Catalans n’avaient récupéré que quatre points à l’extérieur durant la saison 2024-2025, puis seulement deux la saison dernière.
Cette année, le bonus défensif arraché au Stade Français lors de la première journée (28-26) avait laissé entrevoir une amélioration. Mais la correction reçue à Montpellier a rapidement rappelé les difficultés persistantes de l’USAP lorsqu’elle quitte Aimé-Giral.
Labit veut absolument trouver de « l’oxygène »
Le sujet est d’autant plus important que Perpignan affiche l’ambition de terminer autour de la 10e place.
Pour s’éloigner durablement de la zone dangereuse et éviter de devoir encore jouer sa survie en fin de saison, Laurent Labit considère qu’un résultat à l’extérieur peut changer considérablement la situation comptable.
Le manager catalan explique pourquoi l’USAP ne peut plus dépendre uniquement de ses résultats à domicile :
« Faire un résultat à l’extérieur, et on court derrière, nous permettrait d’avoir plus d’oxygène pour être moins aspirés par le bas, car on n’est jamais à l’abri de rien en gagnant à domicile. »
Et la prochaine réception ne permettra aucun relâchement puisque l’Union Bordeaux-Bègles est attendue samedi à Aimé-Giral.
Ces trous d’air qui coûtent très cher
Au-delà des résultats, un problème se répète également dans la construction des rencontres.
À Paris, l’USAP avait complètement manqué sa première période et se retrouvait menée 28-6 à la pause avant de revenir. À Montpellier, c’est cette fois après la mi-temps que les Catalans se sont écroulés, encaissant un 38-10 sur les quarante dernières minutes.
Laurent Labit ne s’attendait pas à voir son équipe disparaître ainsi :
« Perdre le fil comme ça en deuxième mi-temps, c’est très décevant. On s’est effrités alors qu’on pensait être à l’abri de ça. On avait fait quelques changements dans l’équipe, certes, on voulait créer une émulation mais elle n’y est pas encore. »
Avec un effectif désormais plus fourni, le staff espère pouvoir maintenir davantage de constance malgré les rotations. La prestation montpelliéraine a montré que cet équilibre n’était pas encore trouvé.
Forletta pointe plusieurs faiblesses
Enzo Forletta estime lui aussi que Perpignan doit franchir un cap pour enfin se donner une véritable chance de gagner loin de ses bases.
À Montpellier, l’USAP a notamment terminé avec 16 plaquages manqués et 13 fautes, deux statistiques qui illustrent les difficultés rencontrées.
Le pilier détaille les progrès indispensables pour rester dans les matches jusqu’au bout :
« Il y a trop de choses qui manquent pour réaliser un match plus constant à l’extérieur. En défense, il faut qu’on soit plus solides et mieux organisés et plus disciplinés. Tous ces petits détails qui vont faire que le score va être serré, que tu seras dans le match à la 80e et que là, bam !, sur la confiance, tu peux gagner à l’extérieur. »
La suite ne facilitera pas la tâche des Catalans. Leurs prochains déplacements de ce premier bloc les conduiront au Racing le 3 octobre, à Toulouse le 24 octobre puis à Pau le 7 novembre.







