
Le carton rouge de Marcos Kremer a lourdement pesé sur la défaite de Clermont à Bayonne (46-24), mais il n’explique pas tout. Bien avant l’exclusion de l’Argentin à la 54e minute, l’ASM avait déjà affiché de grosses fragilités défensives. Christophe Urios a notamment pointé l’organisation et l’attitude de son équipe, capable d’encaisser trois essais en seulement sept minutes durant la première période.
Le scénario est d’autant plus frustrant pour les Auvergnats qu’ils avaient réussi à revenir de 27-3 à 27-24. Mais cette réaction spectaculaire ne peut masquer une nouvelle soirée extrêmement coûteuse défensivement, après les 40 points déjà encaissés à Lyon.
Trois essais encaissés en sept minutes
Clermont avait pourtant plutôt bien démarré. Durant le premier quart d’heure, l’ASM affichait 60 % de possession et 64 % d’occupation.
Le problème est venu de son incapacité à transformer cette domination en points. Plusieurs passages dans les 22 mètres bayonnais se sont terminés par des ballons rendus.
À l’inverse, l’Aviron s’est montré d’une efficacité redoutable : cinq incursions dans les 22 mètres clermontois en première période et cinq concrétisations.
Surtout, Clermont a complètement perdu le contrôle pendant quelques minutes. Esteban Capilla, Robert du Preez puis Tilloles ont successivement trouvé la faille entre les 28e et 35e minutes. Deux de ces essais sont partis de contres de plus de 80 mètres.
« Des défaillances d’abord mentales »
C’est cette facilité avec laquelle Bayonne a pu traverser le terrain qui a particulièrement agacé Christophe Urios.
Le manager clermontois ne réduit pas les difficultés de son équipe à des problèmes techniques. Il estime que l’attitude défensive a également fait défaut.
Dans La Montagne, Urios pointe directement le manque de pression et d’engagement de son équipe :
« J’ai trouvé qu’on avait manqué d’engagement, de précision, de volonté aussi, peste le technicien. Tu ne peux pas prendre trois essais ou deux comme ça de 100 mètres alors qu’il ne se passe pas grand-chose. Cela montre que l’on avait des défaillances. D’abord mentales car quand tu ne montes pas, quand tu ne chasses pas, quand tu ne mets pas la pression, cela pose des problèmes. »
Harry Plummer a finalement permis à Clermont de débloquer la situation avec un essai juste avant la pause. La réaction auvergnate s’est ensuite poursuivie jusqu’à revenir à trois longueurs.
Urios pointe l’organisation de Clermont
Cette remontée n’efface cependant pas les problèmes apparus avant la pause.
Pour Urios, voir Bayonne parcourir quasiment toute la longueur du terrain à deux reprises révèle des dysfonctionnements plus profonds dans le replacement et l’organisation collective.
Le technicien clermontois insiste sur les lacunes observées :
« Il y a deux fois où ils viennent directement depuis leur en-but quasiment… Ils traversent le terrain. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que l’organisation de notre équipe n’est pas bonne et que le travail sur le terrain n’est pas bon. On a été fragiles sur certaines bases. »
Le carton rouge de Marcos Kremer a ensuite brisé la dynamique de l’ASM. Après être revenue à 27-24, l’équipe de Christophe Urios a encaissé un 19-0.
Mais avec 40 points concédés à Lyon puis 46 à Bayonne, les difficultés clermontoises loin de leurs bases dépassent le seul scénario de cette troisième journée.







