
Joris Segonds ne fait actuellement pas du XV de France une obsession. Après avoir profité de son été pour couper totalement avec le rugby, l’ouvreur de Bayonne veut avant tout retrouver le plaisir avec son club. Conscient de l’impressionnante concurrence qui existe chez les Bleus, il avance néanmoins une hypothèse étonnante : celle de voir Antoine Dupont utilisé à l’ouverture avec Maxime Lucu à la mêlée.
Segonds sort d’une période durant laquelle le rugby international est clairement passé au second plan. Son absence de la dernière tournée lui a notamment permis de bénéficier d’une véritable coupure.
« J’ai juste envie de repartir à 200 % »
Interrogé sur le XV de France et ses ambitions internationales, le Bayonnais assure ne pas s’être particulièrement projeté.
Il avait surtout besoin de profiter de ses proches et de se régénérer mentalement comme il le confie dans les colonnes de Midi Olympique :
« En toute honnêteté, pas du tout. J’ai bien profité, cet été, de ma famille et de mes proches. Ça m’a fait, mentalement, le plus grand bien. J’avais besoin de couper au niveau du rugby. Là, j’ai juste envie de repartir à 200 %. Ça me manque de ne pas jouer. »
Avant de penser aux Bleus, Segonds entend donc retrouver les terrains et se concentrer pleinement sur l’Aviron Bayonnais.
D’autant qu’il mesure parfaitement l’ampleur de la concurrence existante à son poste.
L’ouvreur ne se raconte aucune histoire sur la situation actuelle :
« À l’heure qu’il est, en équipe de France à l’ouverture, il y a du monde et du talent. Moi, je veux juste me consacrer à l’Aviron. »
Et pourquoi pas Antoine Dupont en numéro 10 ?
Lorsqu’il est invité à se pencher sur la hiérarchie des ouvreurs français, Segonds préfère ne pas établir de classement.
Il rappelle notamment que Thomas Ramos possède lui aussi la capacité d’évoluer à l’ouverture.
Mais il va surtout beaucoup plus loin en imaginant une autre solution à disposition du staff de Fabien Galthié.
Segonds se demande si Antoine Dupont ne pourrait pas lui aussi être utilisé avec le numéro 10 :
« Les deux premiers, on les connaît. Thomas Ramos peut dépanner en dix. Je me demande même si le staff ne serait pas prêt à faire jouer Antoine (Dupont) en dix avec Max (Lucu). Il y a du monde. C’est compliqué de faire une hiérarchie et je ne suis pas dans la tête de Fabien Galthié (rires). »
La règle des 45 secondes change déjà ses habitudes
Segonds doit parallèlement composer avec une évolution qui concerne directement son quotidien de buteur : la réduction du temps disponible pour effectuer une transformation.
Le Bayonnais a déjà commencé à modifier ses habitudes pour s’adapter à cette contrainte.
Et cela va jusqu’à renoncer à célébrer immédiatement certains essais avec ses partenaires.
La récupération devient désormais une véritable course contre la montre :
« Le temps de récupération est très court, ça enlève énormément de concentration. Sur le seul match que j’ai joué, en début de saison contre Toulouse, j’ai essayé de vite m’adapter à cette règle en évitant de célébrer lorsqu’un mec marque un essai. »
Lors de cette rencontre, l’organisation mise en place lui avait néanmoins permis de récupérer quelques précieuses secondes.
Segonds raconte comment il tente de gérer cette nouvelle routine :
« Je n’ai repris l’entraînement que mercredi, donc je n’ai pas trop essayé de jauger, mais avant Toulouse, ça ne s’était pas mal passé, car Jean (Monribot) amenait vite le ballon avec le tee. J’avais donc mes 20 secondes pour récupérer. En fait, avec 45 secondes, sur des moments d’euphorie, il faut vite penser à la transformation, plutôt que d’aller applaudir ou féliciter les copains. »
« Il me faut au moins dix secondes »
Chaque seconde disponible avant la frappe est désormais précieuse.
Segonds cherche donc à optimiser toute sa routine, depuis le moment où il pose le ballon jusqu’au début de sa course d’élan.
Le buteur Bayonnais détaille très précisément son nouveau timing :
« Une fois que j’ai posé le ballon et pris mes pas, j’espère qu’il me reste quinze secondes pour récupérer, prendre mon souffle. Il me faut au moins dix secondes. J’essaye de me lancer lorsqu’il n’en reste plus que cinq. »
Et cette gestion du chronomètre ne concerne pas uniquement le buteur. Quelques secondes supplémentaires permettent également à ses partenaires de souffler avant le renvoi.
Un détail qui peut compter dans le rythme d’une rencontre :
« Mine de rien, l’équipe aussi peut récupérer un peu, car si on tape la transformation après seulement vingt secondes, le jeu ne s’arrête plus… »







