
Le passage de Naoto Saito au Stade Toulousain n’a visiblement pas seulement permis au demi de mêlée Japonais de découvrir le Top 14. Pour Eddie Jones, son joueur a profondément enrichi sa compréhension du rugby au contact de l’approche Française.
Le sélectionneur du Japon oppose même deux cultures : des Japonais très attachés à l’organisation et à la précision, quand les Français accorderaient davantage de place au ressenti et aux émotions. Une combinaison dont il souhaite désormais profiter avec sa sélection.
Eddie Jones connaît parfaitement les qualités traditionnelles du rugby Japonais.
Organisation, précision, répétition : le Japon a développé une identité très structurée. Mais pour franchir un nouveau cap, son sélectionneur souhaite désormais y ajouter davantage d’adaptabilité et de créativité.
Et l’expérience vécue par Naoto Saito en France représente à ses yeux un exemple particulièrement intéressant.
« Les Japonais veulent jouer par algorithmes »
Le demi de mêlée a découvert une autre manière d’aborder le rugby au Stade Toulousain.
Et Eddie Jones estime que cette immersion lui a notamment permis de progresser dans sa lecture des différentes phases d’un match.
Le sélectionneur Japonais constate dans L’équipe une véritable évolution tactique chez son numéro 9.
« Il a une bien meilleure compréhension tactique du flow du jeu. Les Japonais veulent jouer par algorithmes. Les Français aiment privilégier le ressenti et ont besoin de s’appuyer sur les émotions. »
Une opposition de styles particulièrement intéressante aux yeux d’Eddie Jones.
D’un côté, une culture Japonaise dans laquelle les joueurs recherchent énormément de précision et de maîtrise. De l’autre, une approche Française qui, selon lui, laisse davantage de place aux sensations et à l’évolution du match.
Jones cherche désormais la « symbiose »
L’objectif d’Eddie Jones n’est pourtant pas de demander au Japon d’abandonner ce qui constitue sa force.
Il souhaite plutôt conserver cette rigueur tout en intégrant une partie de ce que des joueurs comme Saito ont pu apprendre en France.
Le sélectionneur cherche à mélanger les deux philosophies pour rendre son équipe plus créative.
« Ce qu’on essaie de faire : trouver la symbiose pour apporter de la créativité au rugby japonais. »
Le passage de Saito à Toulouse prend alors une autre dimension.
Son expérience du rugby Français peut permettre au Japon de disposer d’un joueur capable de conserver la précision exigée dans son pays tout en comprenant mieux quand il faut sortir d’un cadre préétabli.
« Ils veulent que les choses soient justes, bien organisées, planifiées »
Eddie Jones détaille d’ailleurs ce qui caractérise, selon lui, le fonctionnement des joueurs Japonais.
Il décrit une culture dans laquelle la préparation et l’organisation occupent une place centrale.
« Ils aiment l’attention au détail, veulent que les choses soient justes, bien organisées, planifiées. »
Une qualité qui peut devenir une force considérable lorsqu’une rencontre se déroule conformément au scénario imaginé.
Mais le rugby impose également de réagir à des situations imprévues, d’identifier instantanément une opportunité ou de modifier une décision en fonction de ce que propose l’adversaire.
C’est précisément dans ce domaine qu’Eddie Jones souhaite faire évoluer son équipe.
L’adaptabilité comme clé pour gagner
Pour le technicien Australien, les progrès du Japon ne passent donc pas uniquement par davantage de précision.
Il estime que ses joueurs ont commencé à obtenir des résultats lorsqu’ils ont appris à mieux s’adapter à ce qui se produisait réellement sur le terrain.
Jones considère cette évolution comme déterminante.
« Mais c’est en développant leur adaptabilité qu’ils se sont mis à gagner des matches. »
L’expérience Toulousaine de Naoto Saito correspond parfaitement à cette recherche : conserver la rigueur du rugby Japonais tout en ajoutant cette capacité à ressentir le match et à sortir du cadre lorsque la situation l’exige.
Pour Eddie Jones, le mélange entre la précision Japonaise et la créativité découverte en France pourrait désormais devenir l’une des clés de l’évolution de sa sélection.






