
À un an de la Coupe du monde 2027 en Australie, Philippe Saint-André place clairement le XV de France parmi les trois grandes nations capables de décrocher le titre.
L’ancien capitaine et sélectionneur des Bleus estime que la génération d’Antoine Dupont et Thomas Ramos arrive à maturité au meilleur moment. Malgré les blessures déjà enregistrées et quelques secteurs moins fournis, PSA considère que tous les voyants sont au vert pour les Tricolores.
Philippe Saint-André connaît parfaitement la pression qui accompagne la dernière ligne droite avant une Coupe du monde.
Capitaine des Bleus lors du Mondial 1995 puis sélectionneur entre 2011 et 2015, l’ancien international aux 69 sélections considère que la France aborde désormais le « sprint final » avant le rendez-vous Australien.
Et pour lui, les Tricolores doivent clairement assumer leurs ambitions.
« C’est la Coupe du monde où ils doivent être champions du monde »
Parmi les 24 nations engagées, Philippe Saint-André détache trois équipes.
La France figure selon lui au même niveau que deux géants du rugby mondial. Il s’est confié pour Rugby Pass :
« Je pense qu’on va faire partie des trois favoris avec l’Afrique du Sud et les Néo-Zélandais, qui sont en train de vraiment revenir. On vient de gagner les deux derniers Tournois des Six Nations. »
Au-delà des résultats récents, PSA insiste surtout sur la maturité atteinte par la génération actuelle.
Pour l’ancien sélectionneur, les cadres Français arrivent à un moment charnière de leur carrière internationale.
« On a une génération exceptionnelle. Les Thomas Ramos, les Antoine Dupont et consorts, c’est la Coupe du monde où ils doivent être champions du monde. Là, ils vont tous arriver avec une expérience incroyable, un vécu commun, les joueurs cadres auront dépassé les 50-60 sélections. Tout est au vert pour que la France soit hyper compétitive sur ce Mondial australien. »
Fabien Galthié entre dans son « sprint final »
Philippe Saint-André connaît également très bien Fabien Galthié, avec lequel il avait disputé la Coupe du monde 1991 sous le maillot Français.
Le sélectionneur actuel dispose désormais d’une expérience considérable à la tête des Bleus puisqu’il traverse son deuxième mandat.
PSA estime que toute la saison va progressivement converger vers l’objectif mondial.
« Fabien Galthié, il a de la bouteille, parce que c’est son deuxième mandat d’affilée. Et là tu rentres dans le sprint final. Alors, bien sûr, il y a les tests de novembre, le Tournoi des Six Nations 2027, mais les joueurs le disent, le Graal, c’est cette Coupe du monde. »
L’ancien sélectionneur voit également une différence importante avec son propre mandat : les relations entre le rugby professionnel et la Fédération.
« Nous, on a la chance d’avoir un championnat exceptionnel, mais un peu mangeur d’hommes. Après, ce qui est bien, c’est que maintenant on a fumé le calumet de la paix entre la Ligue, la Fédération et les clubs. Moi, quand j’étais sélectionneur, ce n’était pas le cas. »
Jalibert et Meafou déjà blessés
Malgré les mesures destinées à mieux gérer les internationaux, le risque de blessure restera impossible à supprimer.
Matthieu Jalibert et Emmanuel Meafou sont d’ailleurs déjà à l’arrêt.
Pour Saint-André, il serait dangereux pour les joueurs de commencer à calculer leurs efforts dans l’espoir d’arriver indemnes en Australie.
Le rugby ne permet tout simplement pas de jouer en se protégeant.
« Il y a déjà deux joueurs importants blessés, Jalibert et Meafou. Le problème, c’est que tu n’y peux rien. C’est le destin. On est un sport de combat, un sport d’impact, où le joueur ne peut pas jouer avec un frein à main ou faire semblant, parce que sinon c’est encore pire. Tu prends encore plus de risques de te blesser. »
La profondeur du réservoir Français sera donc déterminante.
Deux postes inquiètent davantage Saint-André
Sur ce point, PSA se montre particulièrement confiant.
Il estime que Fabien Galthié dispose d’une profondeur exceptionnelle dans la majorité des secteurs.
Deux postes lui semblent néanmoins moins fournis : pilier droit et deuxième ligne numéro 5.
Pour le reste, l’ancien sélectionneur considère que les solutions sont extrêmement nombreuses.
« Mais on a un potentiel joueurs assez exceptionnel, à part peut-être les postes de pilier droit et de numéro 5. Mais sinon, Fabien Galthié a pratiquement trois solutions à pratiquement tous les postes. »
Une richesse qu’il juge indispensable pour aller au bout d’une Coupe du monde.
« On oublie souvent que dans une Coupe du monde, entre l’équipe qui commence et l’équipe en finale, tu as toujours cinq ou six joueurs blessés. Souvent, pour l’équipe championne du monde, il faut puiser dans la qualité et la richesse de ton effectif. »
L’Australie et l’Irlande derrière le trio de tête
Malgré l’avantage de recevoir la compétition, l’Australie ne figure pas dans les trois équipes mises en avant par Saint-André.
Même constat pour l’Irlande.
Pour PSA, la différence se fait notamment sur la capacité à disposer d’un groupe de 33 joueurs capables d’évoluer au plus haut niveau.
La profondeur des effectifs sera selon lui déterminante lors des matches couperets.
« Il y a les Australiens, qui seront à domicile. Mais ils n’ont pas un banc et 33 joueurs de très très haut niveau. C’est comme les Irlandais, même s’ils ont fait des années exceptionnelles, ils ont du mal à passer le cap des quarts de finale parce qu’il faut avoir 33 joueurs de très très haut niveau et avoir des solutions. Le banc est primordial dans la gestion des fins de match. Il y a les Anglais, il faut toujours s’en méfier. Mais bon, sur deux-trois ans, ils ont quand même moins l’habitude de gagner. »
« Les Sud-Africains vont arriver favoris »
Reste l’Afrique du Sud.
Même après la récente victoire Australienne contre les Springboks, Philippe Saint-André continue de considérer les doubles champions du monde comme la référence.
Il souligne notamment leur capacité à mieux gérer leurs cadres et leur impressionnante force collective.
Sur un match, PSA estime les Springboks battables. Sur l’ensemble d’une compétition, son constat est différent.
« À chaque Coupe du monde, on les dit de plus en plus vieillissants. Mais ce qui est incroyable c’est qu’ils sont tous rentrés au pays, il n’y en a pratiquement plus en Europe, et donc ils jouent beaucoup moins. Tu as l’impression qu’ils ont créé un club Afrique du Sud, et ils ont une puissance et une force collective assez impressionnantes. Les Français comme les Néo-Zélandais, comme les Australiens l’ont montré la semaine dernière, sont capables de les battre sur un match. Mais sur la régularité, les Sud-Africains vont arriver favoris. »







