
Eddie Jones a déjà commencé son travail de déstabilisation à l’approche de la Coupe du monde 2027. Le sélectionneur du Japon, futur adversaire potentiel du XV de France en Australie, estime que « le gros problème de la France sera la mêlée ».
Une sortie qui n’a pas échappé à Yannick Bru. L’ancien talonneur international et ex-adjoint des Bleus connaît parfaitement le sujet et voit aussi derrière cette déclaration la patte d’un technicien qui adore semer le doute chez ses adversaires.
Yannick Bru connaît suffisamment Eddie Jones pour ne pas prendre ses déclarations au premier degré.
En affirmant que la mêlée pourrait constituer le principal problème du XV de France, le sélectionneur du Japon a ciblé un secteur sensible. Mais pour le manager de l’Union Bordeaux-Bègles, le timing et la nature de cette sortie ne doivent rien au hasard.
« Il aime bien foutre le doute »
Eddie Jones possède une immense expérience du rugby international et de ses batailles psychologiques.
Bru le décrit comme un « silver fox », littéralement un vieux renard, capable d’utiliser ses prises de parole pour installer des interrogations chez ses futurs adversaires.
Le manager de l’UBB voit ainsi une possible stratégie derrière les déclarations du technicien Australien.
« Déjà, il y a des gens en responsabilité pour analyser ça. Je pense qu’Eddie Jones est un « silver fox », comme on dit : un gars qui aime bien foutre le doute dans les autres nations et créer des questionnements. Il aime bien rentrer dans le cerveau des adversaires, donc je pense que rien n’a été fait au hasard. Et peut-être aussi avec une intention malicieuse. »
Bru ne balaie toutefois pas complètement l’analyse d’Eddie Jones.
Car derrière la guerre psychologique, la question du poste de pilier droit existe bel et bien chez les Bleus.
« C’est un problème qui n’est pas nouveau »
Ancien membre du staff du XV de France, Yannick Bru a déjà été confronté à cette problématique lorsqu’il travaillait auprès des Bleus.
Il estime donc que William Servat, aujourd’hui adjoint de Fabien Galthié, connaît parfaitement le chantier qui attend l’encadrement Tricolore.
Sans dramatiser la situation, Bru reconnaît que le sujet dépasse largement la dernière sortie d’Eddie Jones.
« Je pense que le chantier de nos piliers droits, William Servat le connaît très bien. C’est un problème qui revient à la surface et que j’ai aussi connu dans une autre période de ma vie, quand j’étais en responsabilité là-bas. Donc c’est un problème qui n’est pas nouveau. »
La sortie d’Eddie Jones comporte donc deux lectures : celle d’un sélectionneur qui connaît suffisamment le rugby Français pour cibler l’un de ses chantiers, et celle d’un redoutable communicant qui, à un an du Mondial, a déjà commencé à tenter de s’installer dans la tête de ses futurs adversaires.







