
Le Castres Olympique sait exactement à quoi s’attendre. Avant de recevoir le Stade Toulousain dans un stade à guichets fermés, Xavier Sadourny réclame une performance totale de son équipe.
Le manager Castrais refuse que la pression du derby devienne un poids et veut au contraire s’en servir pour provoquer le déclic offensif attendu. Avec un avertissement très clair : face à Toulouse, le moindre relâchement risque de coûter très cher.
L’atmosphère a changé autour de Castres. À l’approche du derby contre Toulouse, Xavier Sadourny ressent davantage d’attente, de monde autour de l’équipe et une concentration différente.
Et même avec l’habitude de ces confrontations, impossible selon lui de banaliser un tel rendez-vous.
Le manager Castrais reconnaît dans La Dépêche une forme d’appréhension, mêlée à l’envie de se mesurer au voisin Toulousain.
« Le contexte est toujours le même. Tu as un peu d’appréhension de recevoir le Stade Toulousain. Mais il y a aussi ce côté où tu as envie de l’affronter. On sait que lorsqu’on descendra du bus, l’ambiance sera différente. Il va y avoir beaucoup de gens au stade, qui sera à guichets fermés. Mais on ne s’y habitue pas. Et il ne faut pas car ça reste des matchs particuliers contre un adversaire particulier. »
« Il faut être à 200 % »
Cette pression, Castres ne veut surtout pas la subir.
Sadourny compte au contraire l’utiliser pour pousser ses joueurs à élever considérablement leurs standards. Il attend une équipe capable d’être performante dans tous les secteurs, de la conquête à la défense en passant par l’utilisation du ballon et la discipline.
Et il prévient qu’une performance simplement correcte ne suffira absolument pas.
« On va plus l’alimenter mais ça dépend du contexte. On doit se servir de ce derby. Ça ne doit pas nous ajouter une chape de plomb, plutôt de la motivation. Il faut être à 200 %, jouer notre rugby, ce qu’on travaille toutes les semaines. Ce qu’on n’a pas forcément réalisé sur nos deux déplacements.
À la maison, ce fut ponctuel. Or là, cet adversaire nous oblige à très bien jouer au rugby, offensivement, défensivement, en conquête, sur la discipline. Donc afficher des standards très élevés pour se donner la possibilité de gagner. Si dans l’utilisation du ballon, tu es fade ou ne parles pas le même rugby, ça sera compliqué. Idem en défense. »
L’expérience de la saison dernière reste forcément présente.
Castres avait tenu avant de céder dans les vingt dernières minutes. Un scénario que Sadourny ne veut surtout pas revivre.
Son message ne laisse aucune place au doute.
« Et puis l’environnement fait que tu as envie de donner à manger à tes supporters. Pour ça, on se doit de faire une grosse performance, et je pense que c’est le bon moment. Si on n’est qu’à 90 %, on prendra cher. À 150 %, mais uniquement sur une heure, on craquera comme l’an dernier lors des 20 dernières minutes. Notre enjeu est là. Est-ce le bon adversaire pour faire ça ? En tout cas, il faut le prendre comme une opportunité. »
« Ne pas les regarder jouer »
Pour préparer cette rencontre, le CO a utilisé quelques images du précédent derby, sans pour autant vouloir rester bloqué sur le passé.
Le staff s’est surtout concentré sur la situation actuelle de son équipe et sur les quelques secteurs dans lesquels Toulouse pourrait éventuellement être déstabilisé.
Mais avant même de parler de stratégie complexe, Sadourny pose deux conditions essentielles.
Castres devra refuser de subir et éviter l’indiscipline.
« Déjà, ne pas les regarder jouer. Autrement, on sera en difficulté. Puis être disciplinés. L’an passé, on avait livré un très bon match, mais on avait été très indisciplinés, ou du moins on avait écopé de trois cartons jaunes. C’est beaucoup trop contre un adversaire comme ça. Les joueurs qui ne sont pas dans les 23 sont énormément déçus. Il n’y a qu’une envie, c’est les challenger, se mesurer à ce qui se fait de mieux. »
Castres cherche encore son déclic offensif
Ce derby arrive également à un moment où le CO peine encore à trouver de la continuité dans son jeu.
Sadourny ne cache pas que son équipe cherche ses repères après plusieurs changements. La dernière prestation n’a notamment pas répondu aux attentes du staff.
Il refuse cependant de dramatiser ces difficultés après seulement quelques journées.
Le manager reconnaît néanmoins que Castres « tâtonne » encore beaucoup.
« Il y a eu pas mal de changements, donc tout doit se mettre en place. On a conscience que notre précédente prestation n’est pas à la hauteur de ce qu’on avait travaillé et voulait mettre en œuvre. Je pense qu’on n’a pas perdu ce qu’on a réussi à faire l’an passé, même si c’était ponctuel. Mon objectif est qu’on le fasse sur chaque match. C’est l’exigence du Top 14. Il faut être capable de provoquer les choses. C’est ça qui est difficile. Aujourd’hui, on tâtonne un peu, voire beaucoup par moments. Mais à part Toulouse, qui aujourd’hui maîtrise son projet ? On n’est qu’en début de saison, il y a beaucoup d’attentes envers notre équipe, et c’est bien parce que ça veut dire qu’on a amené les gens à avoir de l’attente. Mieux vaut cela que l’inverse. »
« On ne va pas jouer à la baballe »
Attention toutefois à ne pas résumer Toulouse à une équipe qui chercherait systématiquement à envoyer du jeu.
Sadourny insiste sur la capacité des Toulousains à jouer au pied, leur défense et leur conquête. Face à un tel adversaire, la moindre imprécision peut immédiatement être sanctionnée.
Castres devra donc savoir alterner et accepter certaines périodes difficiles.
Le manager Castrais exclut de tomber dans un jeu débridé qui exposerait son équipe.
« Attention, on va jouer contre une équipe de Toulouse qui est celle qui joue le plus au pied. C’est une très bonne défense, avec une des meilleures conquêtes. Le Stade Toulousain, c’est d’abord ça. On sait que si on n’est pas précis, sur le moindre ballon qu’on va échapper, derrière, ça fait quine. Bien jouer au rugby, c’est aussi utiliser l’espace libre. Et s’il est derrière, il faut savoir l’utiliser en mettant du jeu au pied. On ne va pas jouer à la baballe. Si on veut gagner, il faut se montrer performants dans toutes les formes de jeu et être capables de faire le dos rond quand eux auront le ballon et qu’ils prendront feu. »







