
À seulement 18 ans, Marc-Élie Kouassi vient de vivre une semaine dont il se souviendra longtemps. Six jours après sa toute première apparition en Top 14 contre Montpellier, le troisième ligne du Stade Toulousain a été titularisé pour la première fois de sa carrière lors du derby remporté à Castres (7-8). Une ascension tellement rapide que le jeune Toulousain reconnaît lui-même ne pas encore vraiment réaliser ce qui lui arrive.
Dans une équipe très largement remaniée et rajeunie, Marc-Élie Kouassi était l’un des paris du staff Toulousain à Pierre-Fabre.
Un pari largement réussi. Malgré l’enjeu et l’atmosphère du derby, le troisième ligne a livré une prestation remarquable.
Pourtant, quelques minutes avant le coup d’envoi, Kouassi était loin d’être aussi détendu qu’il pouvait le laisser paraître sur le terrain.
« Une première titularisation sur un derby, c’est quand même compliqué »
Le jeune Toulousain reconnaît dans Midi Olympique avoir ressenti une véritable appréhension avant de découvrir pour la première fois le Top 14 dans la peau d’un titulaire.
« Franchement, au début, avec beaucoup d’appréhension. Une première titularisation sur un derby, c’est quand même compliqué… Puis, les matchs en Top 14, ça va plus vite, c’est plus solide. Mais nous, les jeunes, avons été bien aidés par les anciens. Donc, l’appréhension est un peu partie et la victoire a fait du bien. »
Une fois sur la pelouse, cette pression s’est pourtant très peu ressentie.
Kouassi a joué avec une étonnante liberté. Une attitude qu’il explique par une volonté très simple : ne surtout pas intellectualiser ce qui est en train de lui arriver.
« En fait, j’essaye de ne pas trop y penser, parce que le rugby, c’est une passion pour moi. Sur le terrain, je ne veux pas trop réfléchir, je veux jouer au rugby. »
« Pour moi, c’est un rêve »
Son ascension est d’autant plus spectaculaire que Kouassi ne s’attendait absolument pas à connaître aussi rapidement ses premières minutes au plus haut niveau.
Six jours auparavant, sa première apparition contre Montpellier constituait déjà une surprise.
Le jeune troisième ligne est désormais passé en quelques jours du statut de novice à celui de titulaire dans un derby à Pierre-Fabre.
« Franchement, non. Pour l’instant, je ne réalise pas encore. Pour moi, c’est un rêve. Sur le match de Montpellier, je ne m’attendais pas à jouer et j’ai joué. Et là, pour l’instant, ce n’est que du bonus. Alors, si je joue les autres matchs, je serai content. »
Et pour une première titularisation, difficile de trouver une atmosphère beaucoup plus marquante.
« C’est énorme. Même si le public ne nous pousse pas et supporte les adversaires, l’ambiance du stade était énorme. Et puis, un stade comme Pierre-Fabre, premier match comme titulaire… Tu ne peux pas rêver mieux. »
Cros et Roumat ont accompagné les jeunes toute la semaine
Si les jeunes Toulousains ont pu évoluer aussi libérés, Kouassi insiste sur le rôle joué par les cadres.
François Cros et Alexandre Roumat ont notamment accompagné les novices durant toute la préparation du derby.
Au moindre doute sur un lancement, les jeunes savaient qu’ils pouvaient immédiatement se tourner vers leurs coéquipiers expérimentés.
« Par exemple, toute la semaine après avoir eu la composition d’équipe, ils nous disaient que, si on avait un doute sur un lancement, même pendant le match, on pouvait venir leur poser la question, qu’ils allaient nous aiguiller. Ils ont été présents, nous ont encadrés. Ils ont encadré tous les jeunes, c’était énorme. Quand on avait des doutes, ils rectifiaient. Sur le match, après une semaine pareille, tu n’as plus de doutes et tu veux juste jouer au rugby. »
Cette préparation s’est notamment ressentie en touche, secteur dans lequel Kouassi a été régulièrement sollicité.
« Oui, parce qu’on les a beaucoup bossées. Et même, comme je l’ai dit, si t’as un doute, les autres sont là pour t’aider. Donc, au bout de deux ou trois fois à bosser les lancements pendant la semaine, ça devient un automatisme. »
« Pour un troisième ligne, oui, je vais assez vite »
Kouassi s’est également distingué ballon en main, avec cette capacité à mettre immédiatement de la vitesse et à trouver de l’avancée.
Interrogé sur cette qualité, le jeune Toulousain préfère d’abord rappeler que ce rugby correspond surtout à ce qu’on lui enseigne depuis sa formation au club.
Avant de reconnaître tout de même volontiers posséder une belle pointe de vitesse pour son poste.
« Mon point fort, je ne sais pas. C’est à vous de me le dire… Mais, moi, jouer ce rugby, c’est comme ça qu’on m’a appris au Stade. Franchement, je me régale. »
Puis, lorsqu’on lui demande directement s’il est particulièrement rapide pour un troisième ligne :
« Pour un troisième ligne, oui, je vais assez vite. »
L’essai qui lui échappe à cause du bruit de Pierre-Fabre
Il ne lui aura finalement manqué qu’un essai pour rendre cette première titularisation encore plus mémorable.
En deuxième période, Jérémy Nemor intercepte un ballon. Kouassi est disponible et imagine déjà pouvoir profiter de l’action, mais son partenaire ne parvient pas à le servir.
Les deux hommes en ont reparlé après la rencontre.
Et Nemor avait une bonne excuse : dans le vacarme du derby, il n’a tout simplement pas entendu Kouassi l’appeler.
« Oui, on en a parlé après (sourire). C’est vrai qu’il y avait beaucoup de bruit, et c’est normal dans un stade comme Pierre-Fabre pour un derby. Il me dit qu’avec le bruit, il ne m’a pas entendu. Ce n’est pas grave. »
À 18 ans, Marc-Élie Kouassi devra donc encore patienter pour inscrire son premier essai en Top 14. Mais après deux apparitions en six jours et une première titularisation réussie dans un derby remporté à Castres, le jeune troisième ligne vit déjà beaucoup plus vite qu’il ne l’avait imaginé.







