
Le Stade Toulousain n’avait visiblement rien laissé au hasard avant d’envoyer une équipe largement rajeunie à Castres. Après la victoire décrochée à Pierre-Fabre (7-8), Roméo Bonnard-Martin a raconté comment les jeunes Rouge et Noir avaient préparé ce rendez-vous dès le début de la semaine.
Travail renforcé en touche, répétition des lancements, accompagnement des anciens : malgré son inexpérience, le pack Toulousain avait été préparé pour répondre au défi physique Castrais.
Sur le papier, le rapport de force pouvait inquiéter. Toulouse se présentait avec plusieurs jeunes joueurs encore très peu expérimentés à ce niveau et un pack largement remanié.
Mais dans les rangs Rouge et Noir, personne ne semblait réellement découvrir la difficulté du défi une fois arrivé à Pierre-Fabre.
« On savait qu’on tiendrait le coup »
Toute la semaine avait justement été construite pour permettre à cette équipe inhabituelle de créer rapidement des automatismes.
Bonnard-Martin révèle notamment dans La Dépêche que les Toulousains avaient considérablement renforcé le travail de certains secteurs afin de préparer leur jeune pack.
« Toute la semaine, on l’a abordé. Sur tous les entraînements séparés, on les a bossés beaucoup plus. Même sur la mise en place, on a fait beaucoup plus de touches que d’habitude pour vraiment essayer de créer une connexion tous ensemble. Ça a plutôt bien marché. Après, on avait déjà joué ensemble beaucoup sur des matchs amicaux, etc., et on n’était pas trop inquiets. On savait qu’on tiendrait le coup. Je pense que ça a été le cas, donc plutôt fiers et contents de ce qu’on a pu apporter. »
Le travail avait débuté dès le lundi, avec une équipe déjà proche de celle qui allait finalement être alignée à Castres.
Et les cadres avaient une mission essentielle : accompagner les moins expérimentés.
« Les anciens ont parlé avec les jeunes »
Chaque hésitation devait être réglée avant le derby afin que les jeunes puissent jouer sans avoir à réfléchir constamment à leurs placements.
« Dès le début de semaine, sur la mise en place, on joue ensemble, on fait les lancements ensemble… Les anciens ont parlé avec les jeunes qui ont moins l’habitude. On arrive à corriger toutes les petites erreurs sur tous les placements pour être plus performants pour le week-end et sur la suite de la semaine. Dès le lundi, on a bossé tout ça avec l’équipe à peu près du week-end. C’est super important et ça nous a permis de corriger tous les doutes qu’on pouvait avoir, notamment nous les jeunes, qui ont moins l’habitude sur les lancements et dans le jeu courant. »
Une préparation qui s’est rapidement traduite sur le terrain.
Dès les premières séquences, Bonnard-Martin s’est notamment signalé par son activité défensive.
« Essayer de les dominer »
Les jeunes Toulousains n’étaient d’ailleurs pas venus à Castres avec la seule ambition de résister.
Le mot d’ordre était beaucoup plus ambitieux : répondre physiquement et tenter de prendre le dessus devant.
Une volonté travaillée durant toute la semaine et immédiatement affichée pendant le derby.
« Cela nous tenait à cœur, physiquement, devant, d’essayer de les dominer, même avec deux jeunes joueurs. C’était vraiment important pour nous. On a bossé toute la semaine, on l’a répété et je pense qu’on a réussi à être présents, à être dominants et impactants devant sur les contacts. »
Même lorsque Toulouse s’est retrouvé en difficulté numérique après le carton jaune de Joel Merkler, le pack est parvenu à s’adapter.
Bonnard-Martin a notamment dû rapidement revoir les lancements tandis qu’Alexandre Roumat basculait en deuxième ligne.
« Au début, je commence à réfléchir sur les lancements, savoir si ça change des choses. Je me mets en tête tout ça et après on arrive à vite s’adapter avec Alex (Roumat) qui passe en seconde ligne avec moi. On tient le coup, les premières mêlées, on les joue à sept, après on se met à huit et on a réussi quand même à s’adapter plutôt bien. »
Merkler, une aide précieuse en deuxième ligne
Habituellement pilier, Joel Merkler a justement apporté une dimension particulière en évoluant en deuxième ligne.
Et lorsqu’on demande à Bonnard-Martin ce qu’il a pensé de son partenaire à ce poste, sa première réaction est révélatrice.
Le jeune Toulousain estime que sa présence a notamment pesé sur la mêlée.
« Très bien ! Je pense que les piliers droit l’apprécient beaucoup. On a été dominants en mêlée aussi grâce à ça et c’est super d’avoir un joueur comme ça polyvalent. Je pense qu’il a beaucoup apporté sur l’axe droit. »
« C’est une très belle opportunité »
Pour Bonnard-Martin, ces rencontres constituent également une occasion de changer de dimension personnellement.
Avec les nombreux blessés dans l’effectif, l’international Français U20 enchaîne les feuilles de match et accumule un temps de jeu qu’il compte bien utiliser pour convaincre.
Les 80 minutes restent particulièrement éprouvantes à ce niveau.
« Oui, c’était très dur. Quand je jouais avant, je rentrais 25 minutes et je me disais que 80, ça allait être très, très compliqué. Mais j’ai pu les faire à La Rochelle sur la première journée, donc je savais à peu près déjà ce que ça faisait. Je suis plutôt content même si je pense qu’il en manque encore sur le cardio car ça reste très dur. »
Et lorsqu’on lui demande s’il est en train de vivre un tournant dans sa jeune carrière, Bonnard-Martin ne fuit pas la question.
« Oui. Il y a beaucoup de blessés, j’ai l’opportunité de me montrer, de jouer, donc je suis très content. C’est une très belle opportunité et j’essaye de me montrer le plus possible pendant que j’ai le temps. »







