
Le mouvement reste minoritaire à l’échelle du Top 14, mais il commence à prendre de l’ampleur. En annonçant ce lundi 5 octobre la fin officielle de sa présence sur X, l’Aviron Bayonnais est devenu le quatrième club de l’élite à abandonner le réseau social dirigé par Elon Musk. Avant les Basques, Bordeaux-Bègles, Clermont et Lyon avaient déjà pris leurs distances.
Derrière ces départs se dessinent plusieurs préoccupations : l’évolution politique de la plateforme, le climat jugé de plus en plus conflictuel et la volonté des clubs de privilégier des réseaux considérés comme plus adaptés à leur communication.
Pour Bayonne, l’annonce officialise en réalité une situation qui durait depuis plusieurs mois.
Le compte de l’Aviron, suivi par environ 64 000 personnes, n’avait plus publié depuis le 5 juin, date de la composition d’équipe pour la dernière journée du Top 14 2025-2026.
Quatre mois plus tard, le club a définitivement tourné la page.
Le message publié est sans ambiguïté.
« L’Aviron Bayonnais Rugby Pro et la plateforme X, c’est officiellement terminé. Merci de votre fidélité ! »
Déjà quatre clubs du Top 14 ont quitté X
Bayonne n’est surtout pas un cas isolé.
L’Union Bordeaux-Bègles avait déjà abandonné la plateforme en mai 2025. Clermont avait suivi au printemps 2026, avant que Lyon ne fasse de même en août 2026.
Avec Bayonne, ce sont donc désormais quatre des quatorze clubs de Top 14 qui ont choisi de ne plus utiliser X.
Cela représente près de 30 % des formations du championnat, même si les motivations précises de chaque club ne sont pas nécessairement identiques.
Pour comprendre les raisons qui peuvent pousser une formation professionnelle à prendre une telle décision, l’explication donnée par Clermont au moment de son départ est particulièrement éclairante.
« Ce réseau prenait un engagement politique important »
Lorsque l’ASM avait décidé de quitter X, son directeur de la communication Vincent Duvivier avait notamment pointé l’évolution de la plateforme et son positionnement.
Clermont ne souhaitait pas que sa communication soit associée à cette orientation. Des propos rapportés par La Dépêche :
« On a senti que ce réseau prenait un engagement politique important ces derniers mois et ce n’est pas vraiment une voie dans laquelle on veut s’engager. »
Depuis son rachat par Elon Musk, X est donc devenu, aux yeux de certains clubs, davantage qu’un simple outil permettant de diffuser une composition d’équipe, un résultat ou une information mercato.
Et cette évolution peut entrer en contradiction avec la communication très consensuelle recherchée par les clubs professionnels.
Des clubs qui veulent « fédérer et rapprocher les gens »
C’est justement le deuxième argument avancé par Clermont : le climat des échanges sur la plateforme.
Un club de rugby cherche naturellement à réunir autour de lui des publics très différents. Son objectif est de fidéliser ses supporters, attirer des familles, valoriser ses partenaires et entretenir une communauté.
Or, l’ASM estimait que X ne correspondait plus suffisamment à cette logique.
Vincent Duvivier expliquait cette incompatibilité avec la stratégie du club.
« Nous, comme tous les clubs, on a plus tendance à vouloir fédérer et rapprocher les gens que l’inverse. »
Il allait même plus loin concernant le climat observé sur le réseau.
« Et on s’est aperçu que c’était le réseau social qui divisait le plus et générait le plus de haters. On n’est pas là pour ça. »
X abandonné, mais pas les réseaux sociaux
Il ne s’agit donc absolument pas pour ces clubs de renoncer à leur communication numérique.
Bayonne l’a parfaitement illustré dans son message d’adieu en invitant immédiatement ses supporters à poursuivre l’aventure sur Facebook, Instagram et LinkedIn.
Pour un club professionnel, maintenir un compte nécessite de produire du contenu, de le modérer et d’y consacrer du temps. Dès lors qu’une plateforme ne correspond plus à sa stratégie ou à l’image qu’il souhaite véhiculer, son intérêt peut être remis en question.
Un mouvement encore limité mais désormais visible
Il serait néanmoins excessif d’affirmer que l’ensemble du rugby Français est en train d’abandonner X.
Dix clubs de Top 14 sur quatorze y restent encore présents, d’après les éléments fournis, et rien n’indique que tous envisagent de partir.
Mais la succession devient suffisamment significative pour être remarquée : Bordeaux-Bègles en mai 2025, Clermont au printemps 2026, Lyon en août puis Bayonne en octobre.
L’Aviron constitue ainsi le quatrième épisode d’un mouvement progressif dans lequel certains clubs semblent désormais privilégier d’autres réseaux pour parler directement à leurs supporters, plutôt que de rester présents à tout prix sur X.







